Tous les spécialistes du transport public connaissent Curitiba, au moins de réputation. Et d'ailleurs, si les infrastructures de transport seront prêtes pour accueillir la Coupe du monde de football à l'été 2014, le stade lui risque de ne pas l'être et la Fifa menace d'annuler les matchs qui doivent se disputer dans cette ville du sud-est du Brésil.Curitiba a développé depuis les années 80 un réseau de transport public extrêmement performant pour gérer la mobilité des 3,2 millions d'habitants de l'agglomération (1,5 million pour la ville elle-même). Près de 70% des habitants de l'agglomération et 85% des habitants de la cité utilisent les transports publics pour se déplacer. C'est d'autant plus remarquable que l'on n'y trouve ni métro, ni tramway. Curitiba a construit toute sa politique de transport autour de 340 lignes de bus très maillées qui quadrillent la ville.

Au total, 1100 kilomètres de lignes dont 81 en site propre dans les parties les plus denses de l'agglomération. C'est Curitiba qui a inventé le concept de Bus Rapid transit (BRT) plus connu en France sous la dénomination de bus à haut niveau de service (BHNS).

Là-bas, le système bus a tout d'un réseau de métro : fréquence de passage élevée, régularité, stations fermées sur des quais pour mieux réguler les entrées sorties des bus, faciliter l'accés aux handicapés tout en luttant contre la fraude (des tourniquets sont installés à l'entrée). Les terminaux de correspondance accueillent des services et des commerces : cabines téléphoniques, kiosques à journaux etc. Le réseau compte plus de 2 000 bus et cersians mesurent 28 mètres pour transporter jusqu'à 250 passagers.

Mais comme beaucoup de villes brésiliennes, Curitiba connait une forte poussée démographique. Sa population a triplé en 25 ans. Aujourd'hui, le réseau de bus qui enregistre 2,3 millions de voyages par jour en moyenne, peine à faire face à la demande.

Alors pour éviter que l'usage de l'automobile n'explose, la ville a décidé de faire appel au… vélo. Elle a lancé fin 2013 un plan de construction de 300 kilomètres de pistes cyclables qui doit s'achever en 2016. Un projet doté de 90 millions de réals (environ 28 millions d'euros).

De quoi conforter, voire améliorer sa place de troisième "smartest cities" (villes intelligentes) mondiale dans le classement du magazine Forbes, pour sa gestion urbaine exemplaire associant environnement, qualité de vie et développement économique.

Robert Viennet