Stellantis prépare une offensive sur les petites voitures électriques avec un projet interne baptisé E-car , attendu en 2028, et annoncé autour de 15 000 hors aides. Dans les discussions, une idée revient avec insistance, ressusciter la Citroën 2CV en version 100 % électrique, en reprenant son esprit populaire plus que sa copie conforme.
🚗 Stellantis relance la bataille des petites voitures électriques
Le groupe ne commente pas officiellement le contenu précis du modèle, mais plusieurs signaux convergent, le patron de Citroën, Xavier Chardon, a déjà évoqué un travail visant à redonner vie à la 2CV, et un concept-car pourrait être montré lors d’une présentation stratégique à Détroit. Derrière la nostalgie, l’objectif est très concret, regagner un segment des petites voitures accessibles en Europe, devenu plus rare et plus cher.
Stellantis vise 2028 et un prix sous 15 000
Le point d’ancrage du projet, c’est la promesse d’une petite électrique vendue autour de 15 000 , avec une arrivée visée en 2028. Stellantis parle d’un programme de mini-voitures compactes, innovantes et abordables. Dit autrement, le groupe veut une voiture de masse, pas un objet de niche, dans un marché où l’électrique reste souvent associée à des tarifs plus élevés.
Ce positionnement répond à une réalité industrielle, le segment des petites voitures accessibles en Europe s’est contracté ces dernières années. Entre normes, coûts des batteries et montée en gamme, les modèles d’entrée de gamme ont perdu du terrain. Un observateur du secteur, Marc, consultant indépendant, résume avec une formule sèche, quand l’entrée de gamme disparaît, les marques perdent le premier ticket d’accès, et derrière, elles perdent des clients pour dix ans.
Le groupe insiste sur l’idée d’une électrique plus légère et plus populaire. C’est un point clé, parce qu’une petite voiture lourde, avec une grosse batterie, coûte cher à produire et n’a plus grand-chose de populaire. La cible, ce sont des usages quotidiens, trajets urbains et périurbains, une voiture facile à garer, simple à vivre, et moins intimidante qu’un SUV.
Mais la promesse du prix pose une question, comment tenir 15 000 sans rogner sur la sécurité, l’équipement minimum, ou la marge? Le bonus écologique peut aider certains acheteurs, mais il varie selon les pays et peut évoluer d’ici 2028. Le pari industriel, c’est de compenser par les volumes, la standardisation, et une plateforme rationalisée, à condition que la demande suive réellement.
Citroën 2CV: 5 millions d’exemplaires et un capital nostalgie
La 2CV, produite de 1949 à 1990, dépasse les 5 millions d’exemplaires. Ce chiffre compte, parce qu’il dit l’ampleur du souvenir collectif, la voiture des campagnes, des étudiants, des familles modestes, et aussi des touristes qui continuent d’en louer dans certaines villes. Relancer ce nom, c’est remettre en circulation un symbole immédiatement identifié, même par des gens qui n’ont jamais conduit l’originale.
Le projet évoqué ne vise pas une reproduction fidèle. L’idée serait plutôt de reprendre l’esprit de la 2CV, une voiture abordable à l’achat, mais aussi raisonnable à l’usage. C’est là que l’électrique peut coller au mythe, si la consommation reste basse et si l’entretien est limité. Une citadine simple, qui ne donne pas l’impression d’être un produit au rabais, c’est un équilibre délicat.
La nostalgie fonctionne déjà dans l’automobile, et les constructeurs le savent. Les références récentes citées dans l’actualité, c’est la dynamique autour de la Renault 5 électrique, et le fait que le passé revisité peut créer un appel d’air. Marc, collectionneur de petites françaises, nuance quand même, une icône, ça attire les regards, mais si l’habitabilité ou l’autonomie déçoivent, les réseaux sociaux te détruisent en une semaine.
Autre point sensible, le nom. Utiliser 2CV est tentant, parce qu’il est iconique, mais il implique une attente très forte sur le style et la philosophie. Trop moderne, on crie à la trahison, trop rétro, on limite l’audience. Et puis il y a le risque du simple badge marketing. Si le produit n’est pas cohérent, le capital sympathie se retourne vite contre la marque.
Pomigliano d’Arco en Italie choisi pour l’assemblage
La future petite électrique ne serait pas produite en France. L’assemblage est annoncé à Pomigliano d’Arco, près de Naples, en Italie, un site historique lié à Alfa Romeo et connu pour avoir aussi produit la Fiat Panda. Pour Stellantis, c’est une décision industrielle, regrouper des programmes, optimiser des lignes, et tenir un coût de production compatible avec un prix final agressif.
Sur le terrain politique et symbolique, le choix est explosif. La 2CV, dans l’imaginaire, c’est une silhouette associée à la France d’après-guerre. La voir renaître hors du territoire français peut être perçu comme une délocalisation de plus, même si Stellantis est un groupe franco-italo-américain. Marc, ancien salarié d’un équipementier, lâche un aparté, tu peux vendre une madeleine de Proust, mais si tu changes la cuisine, certains ne pardonnent pas.
Pour le groupe, l’argument, c’est l’efficacité. Un modèle à 15 000 exige une discipline de coûts extrême. Produire dans une usine déjà rodée aux petites voitures, avec une chaîne logistique optimisée, peut faire la différence. Et Pomigliano a l’avantage d’un écosystème italien Stellantis déjà structuré, avec des compétences sur les véhicules compacts.
Reste la question de l’emploi et de l’acceptabilité. Les syndicats et élus français pourraient pousser pour récupérer une part de la valeur, ingénierie, composants, ou assemblage d’éléments. Stellantis, de son côté, peut mettre en avant une répartition européenne des sites. L’équation est simple, si la voiture doit être populaire, il faut qu’elle soit rentable, sinon elle n’ira jamais au bout, même avec un nom mythique.
Le concept-car attendu à Détroit et le rôle de Xavier Chardon
Un concept-car lié à cette E-car pourrait être dévoilé lors d’une présentation stratégique à Détroit. Si ça se confirme, ce sera un moment clé, parce qu’un concept donne des indices, proportions, signature lumineuse, philosophie d’habitacle, et surtout niveau d’ambition. Dans ce type de projet, la première impression compte presque autant que la fiche technique, parce qu’il faut créer une attente jusqu’à 2028.
Du côté de Citroën, Xavier Chardon a indiqué travailler à redonner vie à la 2CV. Cette déclaration pèse lourd, parce qu’elle place le sujet au niveau de la direction de marque, pas dans un simple fantasme de fans. Mais attention, redonner vie peut vouloir dire plusieurs choses, un clin d’il stylistique, un nom réutilisé, ou une philosophie de gamme, sans copier la carrosserie d’époque.
Dans l’industrie, la communication est souvent calibrée. Stellantis se refuse à commenter les détails, ce qui laisse la place aux spéculations. Marc, qui suit les présentations produits depuis vingt ans, explique, quand un groupe ne dit rien, c’est souvent qu’il veut garder la main sur le timing, et éviter de se faire coincer par une promesse technique trop tôt. La prudence est logique, surtout sur un prix aussi bas.
Ce qui sera scruté à Détroit, c’est la cohérence entre l’icône et l’objet moderne. Une 2CV électrique doit parler aux nostalgiques, mais aussi aux jeunes urbains qui comparent tout, coût, recharge, assurance, connectivité. Trop dépouillée, elle passera pour un retour en arrière, trop techno, elle perdra le côté simple et malin. La ligne de crête est étroite, et c’est là que Citroën joue une partie de son identité.
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Renault 5, Fiat Panda: la bataille des petites électriques abordables
Le retour possible de la 2CV s’inscrit dans une tendance, les constructeurs remettent des modèles repères sur le devant de la scène. L’actualité cite le succès de la Renault 5 électrique, présentée comme un exemple de nostalgie rentable. Dans le même esprit, Stellantis dispose d’un historique fort avec Fiat et la Panda, et l’usine italienne choisie rappelle justement cet ADN de petite voiture.
Le contexte marché est tendu. En France, les ventes de voitures électriques neuves ont bondi de 48% sur les quatre premiers mois de 2026, portées par des modèles qui parlent au grand public, et par une concurrence plus large, y compris des marques chinoises. Cette progression montre que la demande existe, mais elle met aussi la pression sur les prix. Quand les alternatives se multiplient, l’acheteur devient plus exigeant.
Stellantis veut relancer ses ventes sur le segment des petites voitures accessibles en Europe. C’est une réponse à un trou dans l’offre, beaucoup de citadines ont disparu ou se sont renchéries. Une électrique à 15 000 peut redevenir une première voiture pour certains ménages, ou une seconde voiture pour les trajets courts. Mais il ne faut pas se raconter d’histoires, à ce prix, l’autonomie et l’équipement devront être pensés au millimètre.
Il y a aussi une nuance à poser, le mythe ne suffit pas face aux usages réels. Une citadine électrique doit se recharger facilement, et tout le monde n’a pas une prise à domicile. Si Stellantis veut vraiment une voiture populaire, il faudra anticiper la vie des gens en immeuble, les bornes publiques, et le coût de recharge selon les heures. Sans ça, la 2CV moderne risque de devenir une voiture sympathique pour bobos, ce qui serait l’inverse du message historique.
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À retenir
- Stellantis prépare une petite électrique « E-car » attendue en 2028 autour de 15 000 €.
- Le nom Citroën 2CV est envisagé, avec une modernisation visant surtout l’esprit populaire.
- L’assemblage est annoncé à Pomigliano d’Arco en Italie, pas en France.
- Un concept-car pourrait être présenté à Détroit lors d’une séquence stratégique.
- Le projet s’inscrit dans la bataille des citadines électriques, dopée par la hausse des ventes en 2026.
Questions fréquentes
- La Citroën 2CV électrique est-elle confirmée par Stellantis ?
- Stellantis a annoncé un projet de petites électriques abordables baptisé « E-car » pour 2028, autour de 15 000 € hors aides. L’hypothèse d’une 2CV électrique est largement évoquée, mais le groupe ne détaille pas officiellement le nom ni le design final.
- Quel prix est visé pour cette petite voiture électrique ?
- Le prix mentionné tourne autour de 15 000 euros, hors bonus écologique. L’objectif est de proposer une voiture populaire, pensée pour relancer le segment des petites voitures accessibles en Europe.
- Où serait fabriquée la future 2CV électrique ?
- L’assemblage est annoncé en Italie, dans l’usine de Pomigliano d’Arco près de Naples, un site industriel historique où ont aussi été produites des Fiat Panda.
- Quand la voiture pourrait-elle être présentée au public ?
- Un concept-car associé au projet pourrait être dévoilé lors d’une présentation stratégique à Détroit. La commercialisation, elle, est attendue à l’horizon 2028.
- Pourquoi Stellantis mise-t-il sur une icône comme la 2CV ?
- La 2CV a été produite de 1949 à 1990 à plus de 5 millions d’exemplaires, ce qui lui donne un capital d’image très fort. Stellantis cherche à capitaliser sur cette notoriété tout en proposant une voiture électrique abordable, dans un contexte de retour des modèles « héritage » sur le marché.
Sources
- Stellantis pourrait ressusciter l’iconique Citroën 2 CV, mais en version électrique
- Voitures électriques : Stellantis mise sur les petits modèles à moins de 15 000 euros et prépare le retour de la Citroën 2 CV
- Stellantis : la mythique 2CV bientôt de retour, mais en version électrique ? – franceinfo
- La « Deudeuche » revient : la Citroën 2CV s’offre une résurrection électrique – Charente Libre.fr
- Stellantis planche sur une nouvelle version de l’iconique 2 CV de Citroën en version électrique
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