
Les linéaires de voierie aménagées cyclistes ont progressé de plus de 60% entre 2000 et 2007 en France, selon le Club des villes et territoires cyclables. © A.M - Cliquez pour agrandir la photo
Finalement, une seule décision concrète a été annoncée par le gouvernement lors de la présentation du premier plan national vélo, le 26 janvier 2012 et dont l'objectif est de faire passer la part du vélo dans les déplacements de 3 à 10% d'ici à 2020 : "dans les tout prochains jours" un arrêté homologant le panneau "tourne à droite" qui autorise les cyclistes à tourner à droite au feu rouge sans marquer l'arrêt, sera publié au journal officiel
(JO du 27 janvier).

Les deux propositions de signalisation envisagées pour autoriser les cyclistes à tourner à droite sans s'arrêter au feu rouge. © DR - Cliquez pour agrandir la photo
Ce sera, au choix, soit un feu jaune clignotant, soit un panneau triangulaire avec un vélo et une flèche à droite (visuel ci-contre). Si le cycliste peut "brûler" le feu rouge, il doit toutefois respecter la priorité aux piétons et aux automobilistes qui franchissent le feu vert à l'intersection.
Autorisé par un décret de novembre 2010, le tourne à droite existe déjà. En attendant l'homologation du fameux panneau routier, la ville de Nantes qui en a généralisé la pratique depuis l'été 2011, a concocté le sien avec le Centre d'études sur les transports et l'urbanisme (Certu) : un panneau triangulaire avec un vélo et une flèche à droite. L'un des deux retenus par les pouvoirs publics.
Alors, tout ça pour ça ? Un groupe de travail rassemblant les associations de défense du vélo et coordonné par Philippe Goujon, le député-maire UMP du XVe arrondissement parisien, a planché pendant plusieurs mois pour formuler des propositions.
Indemnité kilométrique vélo Parmi elles, une indemnité kilométrique de 0,21 euros (comme cela existe en Belgique) pour les cyclistes salariés qui vont au travail en vélo. Cette indemnité serait versée par l'employeur (qui prend déjà en charge 50% du prix de l'abonnement aux transports collectifs) "et défiscalisée", a précisé Philippe Goujon.
Si cette éventualité est envisagée par le gouvernement, elle n'est inscrite dans aucune loi de Finances. Cela "demeure l'une des priorités et je souhaite que l'Etat mette en œuvre ce rattrapage entre le vélo et l'automobile dans les meilleurs délais", a commenté Thierry Mariani. Estimant que cela devrait représenter "un coût budgétaire relativement faible au regard des bénéfices attendus".
Cela étant dit, cette mesure ne pourra se faire qu'à "long terme", a-t-il précisé ne voulant visiblement prendre aucun risque.
Le ministre des Transports s'est par ailleurs dit favorable à "un crédit d'impôt mis en place à terme pour l'achat d'un vélo à assistance électrique", autre proposiition du plan. Nombre de collectivités locales ont d'ores et déjà accordé des primes aux particuliers acquéreurs d'un tel vélo, pouvant aller jusqu'a 500 euros.
Enfin, il a annoncé que serait signé "dans les prochains jours" un arrêté fixant la surface obligatoire dédiée dans les immeubles neufs aux locaux à vélo à 1,5 mètres carrés par appartement de type T3 et plus, et 0,75 mètres carrés pour les T2.
"En attendant un plan"
Pour Jean-Marie Darmian, président du Club des villes et territoires cyclables
(lire), membre du groupe de travail mais absent pour cette présentation officielle, "Les mesures annoncées ne traduisent pas une véritable ambition nationale. Il faut un ensemble de mesures fortes, intégrées et programmées pour enclencher une dynamique et atteindre l'objectif de 10% de part modale dans notre pays en 2020, fixé par le gouvernement".
"On attend toujours un plan national vélo", ironise Véronique Michaud, secrétaire générale de l'association.
Nathalie Arensonas