A la faveur de la reprise économique, les lignes de la RATP ont accueilli 39 millions de voyageurs supplémentaires en 2010. Une progression de 1,3% par rapport à l'année précédente, qui se confirme début 2011. et qui serait également liée au bond de 9% du nombre de bénéficiaires de tarifs sociaux (600 000) et au rebond de l'activité touristique.
Au total, la Régie réalise environ 10 millions de voyages par jour. Mais son pdg Pierre Mongin qui présentait ces résultats le 14 mars 2011, craint que le trafic n'explose à la faveur, cette fois, de la hausse du prix du carburant : "Dès que le prix du baril flirte avec les 100 dollars et que le prix à la pompe augmente, nous enregistrons une hausse de trafic de 1 point, ce qui équivaut à 30 millions de voyages de plus par an, oberve-t-il. Le problème, c'est que si la demande dépasse l'offre, le réseau sature. D'où mon obsession pour l'investissement", alerte le pdg du groupe.
Depuis 2005, la Régie a doublé ses investissements (5,3 milliards d'euros), principalement pour augmenter la capacité des matériels roulants et pour renforcer la sécurité (26 000 caméras de surveillance équipent à ce jour le réseau). "Le Grand Paris Express est une bonne nouvelle, et l'extension de la ligne 14 en sera le point de départ", observe Pierre Mongin, qui se dit "très favorable" à ce qu'elle relie les aéroports de Roissy et d'Orly. Un décret attendu en mai 2011 devrait lever le voile sur ce dossier.
Le bus recule, le tram bonditEn attendant une éventuelle saturation des lignes, les chiffres 2010 du trafic RATP cachent des disparités puisque si la fréquentation du métro et du RER a évolué de 1,8%, celle du réseau de surface affiche seulement 0,2% d'embellie, grâce au tramway exclusivement, les Franciliens semblant bouder le bus : - 0,8% de fréquentation à Paris et -1,2% en banlieue.
Pierre Mongin s'explique mal cette tendance et évoque les travaux d'extension ou de création de tramways (T3 entre Pte d'Ivry et Pte de la Chapelle, T5 entre Saint-Denis-Sarcelles, T8 entre St-Denis et Epinay, soit 80 km au total d'ici à 2014) : "Le bus pâtit sans doute des ralentissements de rotations, notamment en Seine-Saint-Denis".
C'est donc le tramway qui tire la fréquentation avec +11,2%, et +39% sur le seul T2 prolongé entre la Porte de Versailles et La Défense. Preuve que les transports en site propre (TCSP) ont la faveur des usagers des transports collectifs.
Objectif 2020 : 30% de CA hors de l'Ile-de-France Le chiffre d'affaires (CA) consolidé du groupe reprend évidemment des couleurs : +3%, à 4,57 milliards d'euros, après une année 2009 "contrastée". "Globalement, le rôle des filiales est indéniable dans la croissance de la RATP", souligne Pierre Mongin. Le chiffre d'affaires des filiales RATP Dev, Systra et Xelis a grimpé de près de 22% à 423 millions d'euros, ce qui représente 9,2% de l'activité du groupe.
Et si la RATP devait prendre en compte les actifs hérités de la
fusion Veolia Transdev (168 réseaux urbains et interurbains en France et à l'étranger), son chiffre d'affaires représenterait 337 millions supplémentaires.
"Les perspectives de la RATP évoluent très rapidement avec l'intégration de ces actifs, cela va changer fondamentalement l'équilibre général de l'entreprise, notre objectif étant de réaliser 30% de chiffre d'affaires hors de l'Ile-de-France d'ici à 2020", précise le pdg.
En France, la filiale RATP Dev vise ouvertement les réseaux de transport des villes moyennes, d'où le récent partenarait signé avec la Fédération des maires des villes moyennes
(lire).
La RATP qui avait remporté l'appel d'offres de La Roche-sur-Yon où elle a dû faire quelques ajustements, et hérité de ceux de
Vierzon et Moulins par exemple, est aujourd'hui sur les rangs pour l'appel d'offres de Perpignan aux côtés des majeurs du secteur, Veolia Transdev et un groupe espagnol associé à la régie des transports de Barcelone
(lire).
Mais c'est à l'étranger que le RATP nourrit ses plus gros espoirs puisqu'elle vise le marché des très grandes villes. "C'est ce qui va tirer notre croissance," croit Pierre Mongin. En attendant de faire mouche dans de grandes métropoles, la RATP fait rouler 820 bus londoniens avec la marque RATP Group, depuis début mars 2011 (voir photo ci-dessous).
Nathalie Arensonas
Les bus de London Bus United hérités de Transdev roulent avec la marque RATP Group depuis le 4 mars 2011. © DR - Cliquez pour agrandir la photo
Les réseaux dont a hérité la RATP Suite à son retrait du capital de Transdev (25%) en vue de la fusion avec Veolia, la RATP a hérité des réseaux suivants en France et à l'étranger :
Au Royaume-Uni
- London United Busways (56 lignes)
- 2 dépôts de bus à Twickenham et à Park Royal exploitant 7 lignes de bus pour Transport For London
- Bournemouth Transport Limited, premier opérateur de Bournemouth (Dorset)
En Italie
- AMT, opérateur du réseau multimodal de Gênes
- Dolomiti Bus, exploitant de lignes urbaines et interurbaines en Vénétie.
Déjà présent en Toscane et à Modène (bus) et opérateur du tramway de Florence, RATP Dev renforcera ainsi sa présence en Italie, où il deviendra le premier opérateur urbain étranger.
En Suisse
- Genève et Avenches.
En France
- 4 réseaux urbains : Bourges, Moulins, Vienne et Vierzon
- Lignes interurbaines correspondant à 3 ensembles géographiques
cohérents : le Centre, la Champagne et la Haute-Savoie (650 véhicules).