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6 Février 2012   Réseaux   

Paris : la RATP fait rouler trois bus hybrides en service commercial



Depuis le 28 janvier 2012, trois autobus hybrides roulent en service commercial sur les lignes parisiennes. La RATP se donne six mois pour tester cette technologie chère à l'achat, mais qui permettrait d'économiser 20 à 30% de gazole. Après l'expérimentation, la régie pourrait lancer un appel d'offres pour acheter une quarantaine d'autres véhicules hybrides.



Le Man Lyon's City hybride est l'un des trois bus hybrides testés en service commercial avec passagers par la RATP. Sur le toit les supercondensateurs qui peremettent de démarrer en tout électrique © D.R. - Cliquez pour agrandir la photo
Pas d'inauguration officielle, une conférence de presse annulée à la dernière minute, c'est un peu en catimini que la RATP a mis en service commercial, le 28 janvier 2012, trois autobus hybrides sur les lignes parisiennes. Une discrétion inexplicable quand on sait que la technologie hybride est présentée depuis plusieurs années comme la motorisation la plus écologique pour les bus, en attendant une (lointaine) solution tout électrique.

Ces nouveaux matériels sont fournis par le constructeur allemand Man (Lion's City de 12 mètres) et les deux constructeurs français, Irisbus (Citelis 12 m) et Heuliez bus (GX427 articulé 18 m). Ils vont circuler six mois, en alternance sur deux lignes de Paris intramuros, la 21 (Gare Saint Lazare - Porte de Gentilly) et la 91 (Montparnasse - Bastille) mais aussi, en banlieue, la ligne 147 qui relie Eglise de Pantin à Sevran.

Enjeu économique et environnemental

Le but de cette expérimentation est de vérifier, en conditions réelles d'exploitation, la fiabilité et l'intérêt économique de cette technologie qui allie moteur thermique et moteur électrique. Ce type de véhicule est en effet sensiblement plus cher qu'un autobus gazole (+ 40% à l'achat) mais selon les constructeurs, il consomme, jusqu'à 30% moins de gazole. La RATP va pouvoir juger sur pièces.

La consommation d'un bus dépend des conditions d'exploitation, d'où le choix de ces trois lignes test, aux configurations très différentes. Et la moindre consommation de carburant entraîne de fait une baisse des émissions de polluants : - 30% pour les Nox et - 15% pour le CO2. Les trois véhicules test sont dotés de la fonction "start and stop" qui coupe le moteur aux arrêts. Le Man peut également redémarrer en tout électrique grâce aux super condensateurs installés sur le toit.


Ils roulent déjà en Europe

Ces dernières années, la RATP a testé plusieurs bus dotés de cette technologie hybride, mais c'est la première fois qu'elle en expérimente en service commercial, avec des passagers à bord. En 2010, elle avait annoncé le lancement, dans le courant de l'année d'un appel d'offres pour l'achat de 45 hybrides, répartis en trois lots. Elle a pris un peu de retard et lancera sans doute cet appel d'offres en fonction du résultat de ces expérimentations.

Plusieurs villes dans le monde font déjà rouler des bus hybrides en exploitation, notamment aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne. En France, Strasbourg et Coulommiers ont fait de même avec un autobus fabriqué par le constructeur polonais Solaris, et ont déjà un premier retour d'expérience (lire).

Robert Viennet



Schéma de fonctionnement du bus hybride Citelis d'Irisbus, l'un des trois véhicules en service commercial sur le réseau de la RATP, depuis fin janvier 2012. - Cliquez pour agrandir la photo

L'hybride, comment ça marche ?
L'hybridation consiste à intégrer sur un même véhicule deux modes de propulsion, diesel et électrique. L'énergie est produite par un petit moteur thermique qui joue le rôle de générateur avant d'être utilisée via un moteur électrique. Ces bus sont également dotés d'un système de récupération de l'énergie dissipée au moment du freinage.
L'intérêt ? Des moteurs thermiques plus petits et donc une consommation de carburant en baisse, et la possibilité de rouler en mode totalement électrique sur une bonne partie du parcours, notamment à l'arrêt en station puis au rédémarrage, lorsque la pollution du diesel est la plus importante.

Il existe deux technologies différentes : l'hybride série et l'hybride parallèle :
  • avec l'hybride série, le moteur thermique est en prise directe avec un générateur électrique qui alimente le(s) moteur(s) électrique(s) , éventuellement des moteurs-roues. Il n'y a plus de liaison mécanique entre le moteur et les roues, l'électricité étant acheminée vers les moteurs électrique et/ou les moteurs-roues par de simples câbles électriques.
  • avec l'hybride parallèle, le moteur thermique et le moteur électrique sont reliés mécaniquement aux roues. Le bus peut être animé par le moteur électrique seul (phase de démarrage ou faible vitesse), par les deux moteurs à la fois en cas d'un besoin accru de puissance.
Dans les deux technologies, les véhicules stockent de l'énergie électrique dans des batteries ou des supercondensateurs. Les bus testés par la RATP sont des hybrides série.

R.V.


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