Tomber en panne en pleine heure de pointe (17h30), au milieu du tunnel de cinq km reliant la Défense à l'Etoile, sur la ligne la plus chargée du RER parisien (plus d'un million de passagers par jour -
lire), on peut difficilement faire pire.
C'est ce qui est arrivé hier sur une rame de la RATP. Deux mille passagers se sont retrouvés coincés au beau milieu de nulle part, sans éclairage intérieur et sans information.
Selon la RATP, cette panne serait due à la rupture d'un fusible sur le réseau électrique basse tension de la rame, celui qui assure l'éclairage intérieur, le système d'information sonore et la fermeture mécanique des portes. Au bout de 45 minutes, certains passagers excédés sont descendus sur la voie, ce qui a conduit la RATP à couper totalement le courant.
Un grain de sable
"Tant qu'il y avait des gens sur les voies, il était impossible de reprendre le service, explique un responsable de la RATP. Deux équipes sont donc parties, l'une de la Défense, l'autre de l'Etoile, pour aller à la rencontre des voyageurs et les inciter à remonter dans le train, afin de pouvoir acheminer une rame de secours qui a tracté le train défaillant".
Le scénario catastrophe a duré trois heures et s'est répercuté bien au-delà de la ligne A du RER, notamment à la gare Saint Lazare, noire de monde, et dans les stations de métro proches. "C'était de la folie!", a raconté à l'AFP un usager, Philippe Bouton, décrivant une "marée humaine", une "accumulation de trains", et le manque d'information.
Une commission d'enquête parlementaire, a été nommée en décembre 2011
(lire) pour se pencher sur la saturation du trafic sur les lignes de RER, notamment la A.
De quoi relancer une nouvelle fois le débat sur l'extrême fragilité du réseau de transport public francilien qui est à la merci du moindre grain de sable ou, en l'occurrence, de la faiblesse d'un simple fusible.
Robert Viennet