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9 Juillet 2012   Réseaux
  

Nice veut reprendre ses transports publics en régie directe (mise à jour le 10/07)



Coup de théâtre, le maire de Nice Christian Estrosi a annoncé le 9 juillet 2012 qu'il abandonnait les négociations en cours avec Veolia-Transdev, l'actuel exploitant des transports publics, et Keolis (filiale de la SNCF). Il prévoit de reprendre leur gestion en régie. L'association Agir pour le transport indépendant salue cette décision qui sera soumise au vote des élus de la métropole début septembre.



Le tramway de Nice. Une deuxième ligne est en projet pour 2016. © Christophe Recoura
Décidemment, le contrat de délégation de service public des transports de la cinquième ville de France qui fait l'objet d'un appel d'offres - et de certaines fuites dans la presse conduisant Christian Estrosi à opposer un démenti le 5 juillet (lire notre précedent article) - est source de rebondissements.

Alors que deux candidats, Keolis et le sortant Veolia-Transdev, se disputaient le marché du réseau de bus et de tramway (une deuxième ligne est prévue en 2016), le maire UMP a annoncé lundi 9 juillet qu'il entendait proposer aux élus de la métropole Nice Cote d'Azur la mise en régie directe du réseau de transport urbain.
D'ici la décision définitive du conseil métropolitain (46 communes autour de Nice) qui devrait se prononcer, non plus le 23 juillet sur l'issue de l'appel d'offres mais en septembre, Veolia-Transdev continue à assurer le service.



Christian Estrosi, lors des Rencontres nationales du transport public, organisées fin 2009 à Nice. © N.A - Cliquez pour agrandir la photo
"Il nous apparaît que les offres ne correspondent pas aux attentes de la collectivité (...) J'ai donc décidé de proposer au conseil métropolitain l'abandon de cette procédure et que l'hypothèse d'une reprise en régie soit envisagée", a annoncé M. Estrosi à la sortie d'une réunion du conseil des élus de la métropole niçoise, soulignant qu'il n'y avait pas d'alternative au scénario d'une mise en régie.

"Paris, Marseille, Toulouse administrent déjà en régie leurs transports publics. Plus j'avance et plus je suis convaincu que l'administration d'un grand service public par la collectivité elle-même apporte de l'efficacité, de la reconnaissance à l'ensemble de nos administrations et répond aux attentes de nos usagers", ajoute l'élu (consulter la liste des réseaux de transport en gestion directe).


Une "bonne" et une "mauvaise" nouvelle

Dans un communiqué du 10 juillet, l'association AGIR pour le transport indépendant "salue le choix des élus niçois de privilégier la gestion directe". Choix qui doit toutefois être soumis au vote des élus locaux, en septembre

Pour Gilles Bourdouleix, président d’AGIR et maire de Cholet, "la gestion directe est aujourd’hui choisie non sur des critères idéologiques mais pour ses avantages constatés en termes de maîtrise des coûts, d’efficacité de gestion, de performance du service public de transport et de cohérence entre les choix politiques et la volonté du délégataire" .

Pour David Azema, président de Keolis (l'un des candidats à l'appel d'offres auquel le maire de Nice a brutalement mis fin), "Les comptes du délégataire sortant font état d'un déficit de 10 millions pour l'année 2010 (supporté par Veolai transdev, l'entreprise sortante, ndlr). Lorsque l'agglomération de Nice retournera à une gestion en régie, les pertes éventuelles seront à la charge de la collectivité", exprime-t-il dans une interview parue dans Les Echos du 10 juillet.

Pour l'ex numéro 2 de la SNCF, aujourd'hui à la tête de la filiale spécialisée dans les transports publics urbains et interurbains, "la mise en régie des transports de Nice est "une mauvaise nouvelle" pour toutes les entreprises du secteur, qui risque d'être "fragilisé", "en particulier à l'exportation si d'autres villes suivent cet exemple", exprime-t-il
"Le concept de partenariat public-privé contractualisé, notamment sous la forme de la DSP, est un des grands savoir-faire des entreprises françaises. C'est un modèle juridique qui séduit de plus en plus à l'étranger", poursuit-il

Cette décision, "signe une défaite pour le modèle de la DSP (la délégation d'un service public à une entreprise privée, ndlr). Si d'autres collectivités locales françaises suivent la voie de Nice et délaissent ce système, c'est tout un pan de notre économie qui sera fragilisé", estime le patron de Keolis.


Nathalie Arensonas


Les transports urbains niçois en chiffres
  • Date de démarrage de la délégation de service public avec Veolia : 1er juillet 2004.
  • Fin du contrat : 30 juin 2012
  • 400 bus, une ligne de tramway (une deuxième prévue en 2016)
  • Effectif : 1 100 salariés
  • Chiffre d'affaires annuel : 100 millions d'euros

 


Les réseaux urbains et interurbains en gestion directe
Régies, EPIC, Sociétés publiques locales (SPL), la liste des réseaux de transport exploités en direct par les collectivités locales :

Urbains : Marseille, Toulouse, La Rochelle, Martigues, Poitiers, Troyes, Sophia-Antipolis, Cholet, Forbach, Albi, Carcassonne, Beaune, Draguignan, Le Puy, Saumur, Saint-Nazaire, Castres et prochainement Maubeuge, Thionville, Saint-Brieuc, Clermont-Ferrand etc.

Interurbains : Bouches-du-Rhône, Landes, Ain, Aisne, Ardennes, Drôme/Ardèche, Haute-Vienne, Haute-Garonne, Pas-de-Calais, Jura, Ille-et-Vilaine, Tarn, Saône-et-Loire, Pyrénées-Orientales, Orne, Guyane.

Source : AGIR


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