
Transport gratuit pour tous les détenteurs d'un billet pour les JO ! L'idée est généreuse, très développement durable, mais le plus vieux métro du monde, déjà bondé, est-il en mesure de relever le défi ? Et les bus réussiront-ils à se frayer un chemin dans les embouteillages ?
Neuf millions de visiteurs sont attendus pour les Jeux, sans compter les personnes sans ticket mais qui viennent pour l’ambiance autour des écrans géants installés dans la ville.
Pain quotidien des Londoniens, les kilomètres de bouchon de la capitale britannique risquent de s'allonger avec la "voie olympique" tracée pour laisser passer les véhicules des athlètes et des officiels. De nombreuses déviations font craindre le "chaos" aux chauffeurs de taxi, aux automobilistes et aux usagers des bus, même si les pouvoirs publics ont pris l'engagement auprès du Comité international olympique (CIO) de réduire de 25 % le trafic routier dans Londres.
Car au CIO, c'est le syndrôme d'Atlanta. Depuis les dysfonctonnements des JO de 1996 organisés dans cette ville américaine qui avait vu les visiteurs attendre jusqu'à neuf heures pour pouvoir monter dans un bus vers les sites olympiques - certains athlètes avaient même raté leur compétition - la question des transports est au cœur des priorités. Au même titre que l'hébergement et les installations sportives.
Du côté des lignes de bus, les milliers de chauffeurs qui, début juin, menaçaient encore de faire grève pour obtenir une prime de 500 livres (environ 600 euros, soit moins que leurs collègues du métro qui ont décroché 850 £), jouent finalement le jeu car ils ont obtenu gain de cause.
A Londres, les lignes de bus sont confiées à des entreprises privées, dont RATP Dev qui a hérité du réseau de London United après la fusion entre Transdev et Veolia Transport en 2011. Mais contrairement aux autres transporteurs privés comme Stagecoach (GB), Arriva (ALL) ou le Abellio (Pays-Bas) par exemple, la filiale de la RATP qui exploite 10% des bus rouges londoniens est finalement peu concernée par la desserte des sites olympiques : "Nos 59 lignes de bus sont plutôt au centre et à l'ouest de Londres alors que la majorité des événements auront lieu à l'est", rappellait Jean-Marc Janaillac, directeur général de RATP Dev lors d'une visite à Londres fin mai.
Les tricolores dans les starting blocks
Deux autres transporteurs tricolores - Eurostar et Keolis - toutes deux filiales de la SNCF, vont jouer un rôle stratégique puisqu'ils vont acheminer sur les sites olympiques des dizaines de milliers de visiteurs, dont les athlètes. Un troisième opérateur français, la toute nouvelle compagnie de lignes d'autocars internationales iDBUS (lire) s'est aussi qualifié pour les JO.
La filiale routière de la SNCF démarre en effet ses rotations entre Paris et Londres le 23 juillet 2012, complétant l'offre de ses concurrents, Eurolines et Megabus (lire nos articles sur ces deux autres opérateurs d'autocar transmanche : Megabus, Eurolines).
Keolis, avec son "Javelin", la ligne de métro rapide, gérée conjointement avec l'Anglais Go Ahead, et qui reliera en sept minutes la gare de Saint-Pancras, à Londres - où arrive l'Eurostar -, à celle de Stratford, où se situe le village olympique, est aussi au cœur du dispositif de transport. Pendant les JO, Keolis va doubler la fréquence du Javelin qui passera ainsi de quatre à huit trains par heure.
"La réussite des Jeux sur cette ligne pourrait être déterminante dans l'attribution des franchises ferroviaires anglaises", a expliqué à l'AFP une source proche du dossier. Keolis exploite en effet plusieurs franchises ferroviaires en Grande-Bretagne et certaines doivent être prochainement renouvelées , notamment la West Coast Main Line (WCML).
Une concession de plusieurs milliards d'euros sur 14 ans dont l'attribution par le Département des Transports anglais (DfT) sera décidée à l'automne 2012.
Last but not least, Eurostar, leader des liaisons transmanche avec près de 80 % de parts de marché, est le "transporteur officiel" des équipes nationales françaises et belges. Selon la SNCF, maison mère d'Eurostar, le TGV jaune et bleu aura acheminé à l'issue des Jeux "les deux tiers des voyageurs ayant choisi d'arriver depuis le continent par la voie terrestre". Pour faire face au surplus de réservations ouvertes depuis six mois, Eurostar devrait créer huit rotations supplémentaires certains jours.
Nathalie Arensonas
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