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23 Juillet 2012   International
  

Les transports, première épreuve des JO de Londres



A quelques jours de l'ouverture des Jeux olympiques, le métro, les bus et les trains autour de la capitale britannique se sont sérieusement entraînés sous l'autorité de Transport for London qui a investi lourdement pour éviter le chaos tant redouté. Vont-ils réussir à absorber les neuf millions de visiteurs attendus du 24 juillet au 12 août, soit trois millions de trajets supplémentaires par jour ? Le syndrome d'Atlanta plane au-dessus de la Tamise.



Londres est souvent un embouteillage géant. © N.A

Transport gratuit pour tous les détenteurs d'un billet pour les JO ! L'idée est généreuse, très développement durable, mais le plus vieux métro du monde, déjà bondé, est-il en mesure de relever le défi ? Et les bus réussiront-ils à se frayer un chemin dans les embouteillages ?
Neuf millions de visiteurs sont attendus pour les Jeux, sans compter les personnes sans ticket mais qui viennent pour l’ambiance autour des écrans géants installés dans la ville.

Pain quotidien des Londoniens, les kilomètres de bouchon de la capitale britannique risquent de s'allonger avec la "voie olympique" tracée pour laisser passer les véhicules des athlètes et des officiels. De nombreuses déviations font craindre le "chaos" aux chauffeurs de taxi, aux automobilistes et aux usagers des bus, même si les pouvoirs publics ont pris l'engagement auprès du Comité international olympique (CIO) de réduire de 25 % le trafic routier dans Londres.

Car au CIO, c'est le syndrôme d'Atlanta. Depuis les dysfonctonnements des JO de 1996 organisés dans cette ville américaine qui avait vu les visiteurs attendre jusqu'à neuf heures pour pouvoir monter dans un bus vers les sites olympiques - certains athlètes avaient même raté leur compétition - la question des transports est au cœur des priorités. Au même titre que l'hébergement et les installations sportives.



Arrivée des trains de banlieue à Waterloo station. © N.A - Cliquez pour agrandir la photo
Allez au pub au lieu de prendre les transports publics !

Tous les jours, les transports publics de Londres voient transiter 12 millions de voyageurs (contre 8,3 millions dans les transports d'Ile-de-France). Ils vont devoir en absorber trois millions supplémentaires pendant les JO.
Fin mai, Transport for London (TFL), l'autorité organisatrice des transports, assurait que tout était sous contrôle ou presque. Manque tout de même à l'appel le Crossrail, le RER qui devait desservir le grand Londres et était inscrit au cahier des charges du CIO. Il ne sera pas sur les rails avant 2017, cinq ans après les Jeux.

Selon Peter Hendy, porte-parole de TFL qui a investi 7,5 millions dans l'amélioration des routes, des gares et des stations, "Les JO ont permis à Londres de gagner dix ans d'investissement dans les transports". Toujours selon lui, deux années de préparation ont permis de mettre au point un dispositif qui a impliqué les entreprises de transport (le métro géré par l'AO et les nombreux opérateurs de bus privés), mais aussi les employeurs du grand Londres et les habitants, invités à partir en vacances mi-juillet ou à changer leurs horaires de transport…
Au lieu de s'engouffrer dans les stations de métro après le bureau, les autorités conseillent même aux Londoniens d'aller boire un verre ou deux au pub et d'emprunter les transports en commun après le rush !

Les investissements publics ont essentiellement ciblé les transports ferroviaires de l'Est londonien pour connecter le tout nouveau Parc olympique au reste de la métropole. Les réseaux plus que centenaires, et parfois à bout de souffle, ont été "étendus et rénovés", autour de deux grandes stations également "modernisées voir totalement reconstruites" : Stratford Regional pour les réseaux ferrés suburbains et nationaux, et Stratford International pour les TGV.





Le métro londonien. © N.A - Cliquez pour agrandir la photo
La menace de grève des chauffeurs de bus est éteinte

Du côté des lignes de bus, les milliers de chauffeurs qui, début juin, menaçaient encore de faire grève pour obtenir une prime de 500 livres (environ 600 euros, soit moins que leurs collègues du métro qui ont décroché 850 £), jouent finalement le jeu car ils ont obtenu gain de cause.

A Londres, les lignes de bus sont confiées à des entreprises privées, dont RATP Dev qui a hérité du réseau de London United après la fusion entre Transdev et Veolia Transport en 2011. Mais contrairement aux autres transporteurs privés comme Stagecoach (GB), Arriva (ALL) ou le Abellio (Pays-Bas) par exemple, la filiale de la RATP qui exploite 10% des bus rouges londoniens est finalement peu concernée par la desserte des sites olympiques : "Nos 59 lignes de bus sont plutôt au centre et à l'ouest de Londres alors que la majorité des événements auront lieu à l'est", rappellait Jean-Marc Janaillac, directeur général de RATP Dev lors d'une visite à Londres fin mai.


Les tricolores dans les starting blocks

Deux autres transporteurs tricolores - Eurostar et Keolis - toutes deux filiales de la SNCF, vont jouer un rôle stratégique puisqu'ils vont acheminer sur les sites olympiques des dizaines de milliers de visiteurs, dont les athlètes. Un troisième opérateur français, la toute nouvelle compagnie de lignes d'autocars internationales iDBUS (lire) s'est aussi qualifié pour les JO.
La filiale routière de la SNCF démarre en effet ses rotations entre Paris et Londres le 23 juillet 2012, complétant l'offre de ses concurrents, Eurolines et Megabus (lire nos articles sur ces deux autres opérateurs d'autocar transmanche : Megabus, Eurolines).

Keolis, avec son "Javelin", la ligne de métro rapide, gérée conjointement avec l'Anglais Go Ahead, et qui reliera en sept minutes la gare de Saint-Pancras, à Londres - où arrive l'Eurostar -, à celle de Stratford, où se situe le village olympique, est aussi au cœur du dispositif de transport. Pendant les JO, Keolis va doubler la fréquence du Javelin qui passera ainsi de quatre à huit trains par heure.  
"La réussite des Jeux sur cette ligne pourrait être déterminante dans l'attribution des franchises ferroviaires anglaises", a expliqué à l'AFP une source proche du dossier. Keolis exploite en effet plusieurs franchises ferroviaires en Grande-Bretagne et certaines doivent être prochainement renouvelées , notamment la West Coast Main Line (WCML).
Une concession de plusieurs milliards d'euros sur 14 ans dont l'attribution par le Département des Transports anglais (DfT) sera décidée à l'automne 2012.

Last but not least, Eurostar, leader des liaisons transmanche avec près de 80 % de parts de marché, est le "transporteur officiel" des équipes nationales françaises et belges. Selon la SNCF, maison mère d'Eurostar, le TGV jaune et bleu aura acheminé à l'issue des Jeux "les deux tiers des voyageurs ayant choisi d'arriver depuis le continent par la voie terrestre". Pour faire face au surplus de réservations ouvertes depuis six mois, Eurostar devrait créer huit rotations supplémentaires certains jours.

Nathalie Arensonas



Les JO à portée de roue
La mairie de Paris, les régions Ile-de-France, Haute-Normandie et plusieurs départements ont lancé fin juin 2012 l'"Avenue verte London-Paris" : 400 km pour relier à vélo les capitales française et britannique. Dont 246 km de Paris à Dieppe, empruntant à la fois des voies vertes (35% du parcours) et des routes partagées.

Touristes, cyclotouristes, cyclistes et autres amateurs de balades peuvent ainsi pédaler de Paris à Dieppe, prendre le ferry et débarquer à Newhaven en Angleterre "pour ensuite poursuivre jusqu'à Londres".
Dans l'attente du tracé définitif qui sera en majorité aménagé en voies vertes, un itinéraire cycliste continu est balisé de Paris à Londres, pour l'ouverture des Jeux olympiques et Paralympiques.

N.A

Eurotunnel confiant grâce aux JO
L'exploitant du tunnel sous la Manche Eurotunnel annonce le 23 juillet un bénéfice net de 5 millions d'euros au premier semestre 2012 et fait état d'une "grande confiance" pour le deuxième semestre, notamment grâce aux retombées attendues des JO de Londres. Le chiffre d'affaires global d'Eurotunnel progresse de 14%, à 473 millions d'euros.

Les revenus engendrés par le transport de camions et de véhicules de tourisme dans des navettes, coeur de métier d'Eurotunnel, atteignent 369,7 millions d'euros, en progression de 10% par rapport au premier semestre 2011. Europorte, filiale de fret ferroviaire d'Eurotunnel, a réalisé un chiffre d'affaires de 103,2 millions d'euros (+36%).

Le trafic des navettes est en hausse pour les camions (+20%), les voitures (+4%) et les autocars (+6%). Celui des trains de voyageurs a également progressé (+3%), Plus de 4,8 millions de passagers ayant été transportés au premier semestre.
"Il est vraisemblable qu'une partie du trafic a été liée à la préparation des Jeux olympiques", estime Jacques Gounon, pdg.

En revanche, le trafic des trains de marchandises est en baisse de 14% en tonnes et de 10% si l'on prend en compte le nombre de trains, "résultat conjugué de l'effet des flux ponctuels du fret ferroviaire de transport d'acier durant le premier semestre 2011 et de l'introduction du sur-péage imposé par Réseau ferré de France à Frethun à chaque opérateur passant dans le tunnel", selon le communiqué du groupe.

Le pdg d'Eurotunnel annonce une hausse des prix au deuxième semestre. "Nous avons pu augmenter nos prix au premier semestre et nous estimons que nous pourrons également le faire au deuxième semestre".

(avec AFP)


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