Le directeur général des chemins de fer italiens (Ferrovie dello Stato, FS) Mauro Moretti estime que la France est avantagée par rapport à l'Italie dans l'ouverture du marché à la concurrence, a rapporté le 25 août 2010 le quotidien transalpin La Repubblica.
Lors d'un colloque, le dirigeant n'a pas manqué de s'en prendre à NTV, une compagnie dont la SNCF est actionnaire et qui doit lancer en 2011 des trains à grande vitesse concurrent de ceux de FS en Italie, selon la presse italienne.
Pas d'homologation des rames franco-italiennes"Nous demandons une compétition à armes égales, et non à notre désavantage. Nos concurrents ont été avantagés", a dénoncé le patron du rail italien, qui accuse les Français de ne pas avoir joué le jeu de la concurrence.
"Dans aucun autre pays au monde il y aurait eu la possibilité d'obtenir des certificats de sécurité et de licence comme cela a été le cas en Italie", a-t-il déclaré.
Mauro Moretti "rêve d'entrer sur les voies ferroviaires qui conduisent à Paris, mais ces dernières (lui) ont été jusqu'à aujourd'hui interdites, tandis que les portes de l'Italie s'ouvriront pour la SNCF dans 12 mois".
Alors que la loi européenne ne l'y obligeait pas, l'Italie a ouvert son marché à la concurrence. Les liaisons intérieures françaises sont, elles, restées le monopole de la SNCF.
En dépit de la signature d'un "armistice" en avril 2010 à l'Elysée, les relations entre FS et la SNCF sont exécrables depuis l'annonce de l'entrée du groupe français au capital de NTV.
Trenitalia, la branche voyageurs de FS, a en retour annoncé une prochaine arrivée sur les rails français, en concurrence avec les trains internationaux exploités en commun avec la SNCF.
Mais alors que la compagnie italienne avait réservé des créneaux de circulation à partir du 13 décembre 2009, date de l'ouverture à la concurrence des liaisons internationales dans l'Union européenne, elle a reporté son arrivée.
Suspension des réservations sur le Paris-Milan-TurinTrenitalia n'a d'ailleurs pas déposé de demande de certificat en France pour le transport de passagers, a indiqué à l'AFP l'Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF), chargé des homologations du matériel.
Dans ce contexte extrêmement tendu, la SNCF a dû suspendre les réservations du TGV franco-italien Paris-Turin-Milan jusqu'au 31 août 2010 faute d'homologation d'une partie de ses rames en Italie.
Nathalie Arensonas avec AFPSommet franco-allemand le 31 août pour faire cesser la bataille du railDans une interview au Financial Times Deutschland du 6 août 2010, le ministre des Transports allemands Peter Ramsauer, accusait de nouveau violemment la France de freiner les projets dr la Deutsche Bahn qui veut concurrencer la SNCF sur les rails hexagonaux.
Le secrétaire d'Etat aux Transports français, Dominique Bussereau a aussitôt démenti l'accusation et confirme une rencontre le 31 août avec son homologue allemand ainsi que le patron de la DB Rüdiger Grube et le patron de la SNCF Guillaume Pepy à Berlin pour discuter de "la concurrence entre les opérateurs".
"Il n'y a pas lieu d'opposer nos entreprises ferroviaires. Nous ouvrons nos marchés conformément au calendrier arrêté au plan communautaire", a-t-il ajouté dans une déclaration transmise à l'AFP.
Les liaisons passagers internationales sont ouvertes à la concurrence depuis décembre 2009, mais dans les faits la SNCF reste pour l'instant sans concurrent en France, au grand mécontentement de la Deutsche Bahn qui souhaite notamment une ouverture plus rapide à la concurrence.Berlin a entamé une libéralisation de son marché ferroviaire dès 1993, et le Français, Veolia Transport, s'est hissé au premier rang des compagnies privées en Allemagne.
Deutsche Bahn est déjà concurrent de la SNCF sur le marché français du fret, ouvert en 2006, et son patron s'est dit déterminé à grossir à l'étranger. Le groupe est "en discussion avec la SNCF en vue de mettre en place une liaison pour Lyon et Marseille à partir de Francfort à partir de 2012", selon M. Grube qui a également indiqué que sa compagnie était en négociation avec Eurotunnel pour établir de nouvelles liaisons sous le tunnel sous la Manche.