Rappelez-vous, 8 décembre 2010, la grande pagaille sur les routes à cause de fortes chutes de neige sur la France. Montrés du doigt pour leur manque d'anticipation, le ministre des Transports Thierry Mariani et sa ministre de tutelle NKM, s'étaient engagés à renforcer les dispositifs d'information, de prévention et de lutte contre les conséquences des intempéries de l'hiver, pour tous les modes de transport.
Pour la route, il s'agissait d'éviter à tout prix le blocage des grands axes sans information préalable et sans prévoir de zones de délestage pour les poids lourds. Le plan d'action s'est appliqué à la lettre début février 2012 avec les premières températures glaciales et les chutes de neige. "Pour le moment, les choses se passent correctement", assurait Thierry Mariani, le 6 février sur RTL. Même s'il y a eu quelques ratés selon les professionnels de la route.
Alors que le 13 février, le redoux se fait sentir, quel bilan tirer de ces deux semaines glaciales dans l'organisation des transports départementaux en autocar, lignes interurbaines et ramassages scolaires ? "Alors que l'hiver 2011-2012 est plus rigoureux qu'en 2010, il y a finalement moins de perturbations tant dans les transports scolaires que sur les lignes régulières, constate Pierre-Olivier Carel, responsable de l'action territoriale et chargé d'une cellule de veille à la Fédération nationale des transports de voyageurs
(FNTV).
Pas de véhicules bloqués ça et là, pas de voyageurs transits de froids sur des aires de stationnement pour poids lourds frappés par des interdictions de circuler. Par quel miracle ?
Il y a poids lourds et poids lourds"Un élément nouveau a changé la donne cette année, explique le représentant du syndicat professionnel des entreprises autocaristes. En 2011, nous avons travaillé avec le chef du Bureau de la circulation des transports routiers au ministère des Transports (Julien Fernandez ndlr), et nous avons coédité un guide d'aide à la rédaction des arrêtés préfectoraux interdisant la circulation des poids lourds de plus de 7,5 tonnes, en cas de chutes de neige et de verglas", explique-t-il.
Grâce aux conseils de ce guide, les préfectures auraient géré plus finement les arrêtés d'interdiction de circuler, et fait la différence entre camions et autocars. Certes, en Indre-et-Loire, dans le Loiret, le Gers, la Sarthe et en Basse-Normandie, fortement touchés par les chutes de neige, les circuits scolaires n'ont pas été assurés pendant plusieurs jours, mais à l'inverse, en région PACA, recouverte d'un épais manteau neigeux, l'arrêté préfectoral du Var pris le 12 février a fait la différence entre les camions et les autocars. Si les premiers ont été interdits de circulation, les transports scolaires et les autocars de lignes n'ont pas été frappés par cette même interdiction", indique la FNTV.
Il faut laisser la décision de mettre des autocars sur les routes à l'appréciation des conseils généraux (les autorités organisatrices) et des transporteurs qui sont des pros de la route et ont une fine connaissance du terrain", juge Aurélie Bruder,
responsable de commission technique et sécurité à la FNTV.
En Savoie et Haute-Savoie, les bus et les cars circulent, non ?", ajoute Pierre-Olivier Carel, comme pour montrer que la neige n'est pas systèmatiquement synonyme d'accident et de sortie de route.
"Tout notre travail a a consisté à sensibiliser les préfectures sur la distinction à faire entre un transport routier et un transport de voyageurs". Car il y a poids lourds et poids lourds, "ceux qui transportent des marchandises et ceux qui transportent des voyageurs, et si vous immobilisez un camion, même avec des denrées périssables, sur une aire d'autoroute en cas d'intempéries, ce n'est pas la fin du monde. Or, si vous bloquez un autocar avec 50 passagers à bord sur une aire de repos dans un froid polaire, ils sont beaucoup plus périssables...", conclut Aurélie Bruder.
Nathalie ArensonasDes réchauffeurs d'aiguille sur le réseau ferréLes chutes de neige de début février 2012 ont contraint la SNCF à réduire la vitesse maximale de ses trains à cause des blocs de glace susceptibles de se former à grande vitesse. La vitesse de pointe des TGV a donc été ramenée jusqu'à un minimum de 160 km/h (au lieu de 300 km/h) et la vitesse des TER jusqu'à 80 km/h (au lieu de 120).
Le réseau ferré a souffert du froid, et par endroit, des aiguillages ont été totalement bloqués par la glace et la neige. Il a donc fallu installer des "réchauffeurs d'aiguille"
Certains trains ont subi des avaries : le 8 février au matin, un quart des TER du Bas-Rhin étaient hors service, le gasoil étant figé par le froid. Et les trains de nuit Thello entre Paris et Venise ont dû être déroutés en Suisse
(lire), voire annulés entre Milan et Paris et relayés par... des autocars.
N.A