Keolis devient filiale de la SNCF à hauteur de 70% (contre 56,6%). © N.AMichel Bleitrach pensait rester à la tête du directoire de Keolis pendant encore un an, vers la fin de son mandat à la présidence de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), mais le pacte d'actionnaires a décidé de précipiter la recomposition du capital du groupe de transport qu'il dirige depuis huit ans.
Il est actuellement détenu à 56,5% par la SNCF, et à 40,7% par une holding composée de la Caisse des dépôts et placement du Québec (CDPQ), d'Axa Private Equity et du fonds Pragma et à 2,8% par ses dirigeants et salariés.
Actionnaire de moyen terme, Axa a décidé de se retirer du capital de Keolis au bout de cinq ans.

David Azéma, actuel numéro 2 de la SNCF prendra la tête de Keolis en juin 2012. © DR - Cliquez pour agrandir la photo
La SNCF à 70%
La recomposition du capital de Keolis "se traduira par le rachat par la SNCF des parts détenues par les autres actionnaires actuels, suivi d'un investissement au capital à hauteur de 30% par un investisseur de long terme", explique un communiqué de la SNCF du 18 avril. Le montant de la transaction n'est pas précisé.
Selon nos informations, il s'agit de CDPQ qui va augmenter sa participation à 30% (confirmé dans un communiqué du 19 avril) et s'engager sur dix ans. La SNCF, elle, monte au capital à hauteur de 70%.
Michel Bleitrach va donc céder la place en juin 2012 à David Azéma, actuellement directeur général délégué de la SNCF et membre du conseil de surveillance de Keolis, précise la SNCF dans son communiqué. Le conseil de surveillance de Keolis sera également réorganisé avec à sa tête, Joël Lebreton, conseiller du président de la SNCF Guillaume Pepy (et ancien patron du groupe Transdev avant la fusion avec Veolia en 2011).
Michel Bleitrach reste toutefois président de l'UTP et prend deux mandats dans des filiales de Keolis, Effia SA et Keolis SA, précise une porte parole du groupe. Ancien de Suez, il va également conseiller Guillaume Pepy sur les questions énergétiques.
Paré pour contrer la concurrence
En 2011, Keolis a dégagé un bénéfice net de 37 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 4,4 milliards (lire l'article sur les derniers résultats du groupe). Des résultats salués par Guillaume Pepy dans le communiqué.
La SNCF et ce nouveau partenaire "accompagneront une nouvelle phase de croissance de l'entreprise, en particulier en accélérant le développement à l'international dans le respect d'une stratégie ciblée et maîtrisée, et en profitant des opportunités de marché", peut-on aussi lire.
Dans le viseur, le développement à l'international où Keolis réalise déjà 47% de son chiffre d'affaires, la bataille avec les nouveaux entrants en cas d'ouverture à la concurrence des lignes TER et des trains d'équilibre du territoire (TET) en France. Et un positionnement offensif par rapport à Veolia Transdev en pleine restructuration et actuellement en négociation avec un nouvel actionnaire pour remplacer Veolia qui cherche à céder son activité transport (lire).
Nathalie Arensonas Sophie Boissard remplace David Azéma
A la prise de fonction de David Azéma, prévue dans la première quinzaine de juin 2012, la directrice générale de Gares & Connexions lui succèdera au poste de directrice générale déléguée stratégie et développement.
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