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8 Mars 2012   Journée internationale de la femme
  

59 femmes parlent d'une ligne de bus des quartiers sensibles



Conductrice, voyageuse, contrôleuse, médiatrice, étudiante, mère de famille, ouvrière, retraitée, le réseau des Transports Centre Essonne (Tice) a tendu le micro aux femmes qui prennent quotidiennement la ligne de bus 402, la plus longue d'Ile-de-France. Elle traverse onze villes, les cités sensibles de la Grande Borne et des Tarterêts, et est ponctuée de 59 arrêts. Paroles et portraits.



Le réseau de Transports du Centre Essonne (ICE) a donné la parole aux femmes de la ligne 402, qui traverse 11 villes sur 27 km. C'est la plus longue longue ligne de bus d'Ile-de-France et pas la plus calme...
A l'occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, le réseau des Transports Centre Essonne (Tice) dont on a beaucoup entendu parler en 2011 à cause des caillaissages de ses bus, lance l'opération "La 402 au féminin". A partir d'entretiens et de portraits de 59 femmes utilisatrices de la ligne, réalisés par le cabinet d'études sociologiques Tessitures et le photographe, Baptiste Heller.

Autant de femmes que d'arrêts sur la ligne. Ces témoignages font l'objet d'un recueil qui doit être distribué aujourd'hui à un millier d'exemplaires à la Préfecture de l'Essonne (Evry). Le principe est le suivant : un arrêt, une femme, un entretien, un portrait.


Une ligne emblématique

Avec ses 27 km, la 402 est la plus longue ligne de bus d'Ile-de-France, c'est aussi l'une des principales lignes en Essonne avec 30 000 voyageurs par jour. Tice ne connaît toutefois pas la proportion de femmes qui l'empruntent quotidiennement.
Elle dessert 11 villes, du nord au sud de ce département de la grande couronne parisienne :  Epinay-sur-Orge, Savigny-sur-Orge, Villemoisson, Morsang, Viry-Chatillon, Grigny, Ris-Orangis, Evry, Courcouronnes, Corbeil-Essonne et Le Coudray-Montceaux. Via des quartiers extrêmement différents : zones pavillonnaires, centre villes, quartiers pauvres et quartiers riches, à forte densité ou à l'habitat plus dispersé.

Autre particularité, la 402 dessert plus de 10 quartiers classés en politique de la ville, la majorité des habitants ne disposant que de ressources limitées, beaucoup sont sans voiture, rencontrent des problèmes d'accès à l'emploi, à la formation, à la culture, aux loisirs etc. "La ligne 402 est un lien fondamental pour les habitants de ce territoire, en particulier pour les populations les plus fragiles qui ont un besoin vital de se déplacer", insiste le communiqué de Tice.


Un comité d'utilisatrices

Après la journée de la femme, le réseau Tice qui est géré par une société d'économie mixte (le principal actionnaire est la communauté d'agglomération Evry Centre) et exploité par Keolis et Veolia Transdev (coactionnaires à 18,8% chacun) va créer un comité d'utilisatrices pour recueillir de façon suivie un avis féminin sur la ligne, avec des suggestions pour améliorer et adapter la qualité de service. Les premières réunions du groupe sont déjà programmées.
Les hommes auront-ils leur mot à dire ou faudra t-il créer un comité d'utilisateurs ?




© Baptiste Heller - Cliquez pour agrandir la photo
Paroles de femmes

Nathalie, conductrice sur la 402 :

"Juste un bonjour, un petit sourire et puis c'est bon, la courtoisie des clients cela fait plaisir. Un jour, je venais juste de commencer, une dame sortait du marché, elle avait un beau bouquet de roses, elle m'a donné deux roses !"







© Baptiste Heller  - Cliquez pour agrandir la photo
Diarra B, voyageuse (Grigny) :

"Il y a l'image du 402 qui dessert le quartier des Tarterêts, de la Grande Borne... Et puis, on entend souvent que le bus a été caillassé à Grigny. En tant que femme, on ressent un peu plus le sentiment d'insécurité qu'un homme mais personnellement, je n'ai pas peur de prendre le bus, en tout cas, ça ne m'arrêtera pas de le prendre".


© Baptiste Heller - Cliquez pour agrandir la photo
Françoise, voyageuse (Evry) :

"La 402 est différente des autres lignes de bus, il y a plus de mixité, plus de gens, c'est une des rares lignes qui dessert plusieurs quartiers dits sensibles, ce serait jouer le jeu de ces rivalités-là que d'assigner une ligne à un quartier. C'est important pour les populations qui y vivent d'avoir un transport en commun qui les desserve : pour pouvoir aller faire leurs courses, sortir du quartier, aller au travail. Ça fait le lien alors que ces quartiers ont tendance à s'enfermer sur eux-mêmes. La ligne oblige un peu à s'extraire, Elle dessert des quartiers populaires et des quartiers plus aisés".






Nathalie Arensonas


Lire aussi le portrait de Bénédicte Tilloy, directrice de Transilien, dans le dernier numéro de Transport Public : suivre ce lien (accès payant)


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