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15 Juin 2012   Infrastructures
  

Ratp Dev va gérer la gare routière de Rennes



La filiale de la RATP a remporté l'appel d'offres du département d'Ille-et-Vilaine pour la gestion de la gare routière de Rennes. Ce contrat de plus de huit ans obtenu face à trois autres candidats dont le sortant Veolia Transdev, débute le 1er août 2012 pour un chiffre d'affaires de 400 000 euros par an.



Pour réaménager la gare routière de Rennes le département d’ille et Vilaine a voté en février 2012 un budget de 5 millions d’euros. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du réaménagement de l’ensemble du pôle gare de Rennes, qui verra arriver la ligne à - Cliquez pour agrandir la photo

Après huit mois de négociations avec quatre candidats, les élus départementaux d’Ille-et-Vilaine ont confié le 11 juin 2012 la gestion de la gare routière de Rennes à Entreprise et Mobilité Service (EMS), filiale de RATP Dev, pour une durée de huit ans et cinq mois.

"Nous avons retenu cette entreprise pour ses qualités d’organisation mais aussi et surtout car son offre était beaucoup plus avantageuse financièrement que les autres candidats", explique André Lefeuvre, vice-président en charge des transports au département. En effet, contrairement aux autres candidats (CFTI Veolia, Effia et Réunir Grand Ouest), EMS n’a pas sollicité de subvention d’équilibre. "De plus, elle a prévu de verser au Syndicat mixte de la gare routière une redevance annuelle de 7 000 euros pour l’exploitation de l’infrastructure. Ce n’est pas neutre", précise l’élu.


Grande première pour Ratp Dev

Pour Ratp Dev, ce contrat est une première en province. Si le groupe gère depuis longtemps des gares routières et des pôles d’échanges sur son territoire francilien, c’est la première fois qu’il est chargé de piloter un tel équipement dans une ville où il n’exploite pas de lignes de transport public.
Une compétence nouvelle donc, qui pourra s'avérer très utile dans la perspective du Grand Paris quand la gestion des gares et des pôles d’échanges sera attribuée par appel d’offres. Mais aussi en province où les départements ont de plus en plus souvent recours à la délégation de service public pour gérer ces infrastructures.

A Rennes, pour emporter le marché, EMS a proposé plusieurs options dont certaines ont été retenues par le conseil général. Ainsi, la gare routière sera ouverte plus tard le soir en semaine et surtout les dimanches et les jours fériés. Ce qui n’était pas le cas dans le précédent contrat. "Le dimanche soir, de nombreux étudiants transitent par la gare routière. Nous avons proposé d’ouvrir trois heures pour qu’ils puissent attendre dans de meilleures conditions et bénéficier de tous les services que nous proposons" explique-t-on chez RATP Dev.

Autres innovations, le développement fin 2012 de l’autopartage, en accord avec Cityroul’ (une société locale d’autopartage qui a déjà un partenariat avec Keolis Rennes), la sonorisation des quais pour améliorer l’information voyageurs, et la création d’un relais colis.

67 000 départs d'autocars en 2011

En 2011, 67 000 départs de cars ont été enregistrés à la gare routière de Rennes. Un chiffre légèrement en baisse par rapport à 2010 en raison de la réorganisation du système de connexion des lignes interurbaines du réseau Illenoo avec le réseau des transports urbains rennais, et à la gare SNCF.
"Désormais nous évitons de rentrer au cœur de la ville. Pour cela, nous avons organisé des correspondances avec les stations de métro situées en périphérie", indique André Lefeuvre. EMS devra gérer la période transitoire de travaux qui verront la transformation de l'espace gare en pôle d’échanges multimodal, en 2019. Date à laquelle une deuxième ligne du métro doit entrer en service et qui sera précédée de l’ouverture de la Ligne à grande vitesse. "Nous voulons que l’intermodalité joue pleinement son rôle entre tous les modes", poursuit l'élu breton.

Robert Viennet et Christine Cabiron




Des cars sur les bandes d'arrêt d'urgence


Le département breton va allouer un budget de 4,5 millions d’euros pour créer 40 arrêts de transport intermodaux. Positionnés en périphérie urbaine des métropoles, ces "mini gares" seront conçues pour accueillir un ensemble de services : arrêt minute, aires de covoiturage, garage à vélo sécurisé et transport public. Les cars scolaires, mais aussi ceux du réseau départemental Illenoo et les véhicules des réseaux urbains s’y croiseront.

"L’idée est de rabattre les usagers vers ces arrêts à partir desquels ils pourront prendre une ligne express à destination de Rennes, Saint-Malo, Vitré ou Fougères", explique André Lefeuvre.
Le premier arrêt "Facillenoo" verra le jour d’ici à fin 2012, à Maure de Bretagne (environ 40 km de Rennes). "Nous avons débuté une grande concertation avec les communes pour définir les emplacements des arrêts de connexion. Ils devront être en lien avec le développement de l’habitat, des voies de circulation et de la fréquentation des transports publics."

Depuis 2004, la fréquentation des lignes routières départementales Illenoo a doublé, à 14 000 voyages par jour. Un trafic qui ne cesse de progresser. La dernière restructuration des lignes remonte à septembre 2011, et depuis, la fréquentation a bondi de 9% en trois mois dans les cars départementaux. Prochaine étape, la création de lignes express qui pourraient circuler sur les bandes d’arrêt d’urgence des autoroutes.

C.C

Pour en savoir + : lire le reportage à paraïtre dans le numéro de juillet du magazine Transport Public



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