Rechercher

3 Novembre 2011   Technologie   

RATP : la ligne 1 en pilotage automatique



Première mondiale sur la plus ancienne ligne du métro parisien. Le 3 novembre 2011, des rames automatiques sans conducteur sont progressivement injectées au milieu des rames classiques. Un premier pas vers l'automatisation complète de la ligne 1 prévue fin 2012, début 2013 au plus tard. Coût de l'opération, 700 millions d'euros.



Ligne 1 de la RATP: les voitures de tête sont d'une autre couleur pour signaler aux voyageus à quai qu'il n'y a plus de conducteur dans la rame © Christophe Recoura
- "Allo, ici Pierre Mongin, je suis avec la ministre de l'Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet et le président du STIF (Syndicat des Transports d'Ile-de-France) Jean-Paul Huchon. Vous êtes prêts, tout va bien ?
- Monsieur le président, nous sommes prêts et attendons votre feu vert
- Et bien, je vous donne mon autorisation pour faire partir les premières navettes voyageurs".

Il est 12h48, le 3 novembre 2011, quand le président de la RATP donne l'ordre, par talkie walkie, au PCC de la ligne 1, d'ouvrir aux voyageurs les quatre rames sans conducteur, en essai depuis plusieurs mois entre la Défense et Porte de Vincennes.


Les 250 conducteurs sont recasés

En mariant sur une même ligne des rames automatiques (MP05) et des rames avec conducteur (MP 89), la RATP réalise une première mondiale. Objectif d'ici à fin 2012 : se passer de conducteur sur l'ensemble de la ligne. Suite à un accord social conclu en interne, les 250 conducteurs actuellement affectés à la 1 seront affectés à une autre ligne, ou occuperont une fonction d'encadrant.

Ça valait bien la présence d'une ministre et de tout un aréopage de personnalités, au premier rang desquelles on reconnaissait Jacques Barrot, ancien vice-président de la Commission européenne, chargé des Transports.


Les "plus" de l'automatisation

Mais pourquoi donc automatiser cette ligne dont le coût - 700 millions d'euros - a été supporté par la seule RATP ? D'abord, a expliqué Pierre Mongin, parce qu'il y avait priorité à moderniser une ligne qui est "la plus ancienne mais aussi la plus chargée du réseau avec 725 000 voyageurs-jour en moyenne".

Ensuite, cette automatisation "était le seul moyen de concilier trois attentes principales des voyageurs" :
  • la capacité à l'heure de pointe qui augmentera de près de 20% grâce à la réduction de l'intervalle entre les rames (de 105 à 85 secondes) et aux rames qui peuvent accueillir 6% de passagers supplémentaires grâce, notamment, à la disparition des postes de conduite (à l'avant et à l'arrière).
  • une meilleure régularité des intervalles, mais aussi la possibilité d'injecter des rames à tout moment en cas de besoin.
  • le confort des voitures qui sont dotées d'une ventilation réfrigérée et d'une information en temps réel.
Les usagers de la ligne 4 vont bénéficier par ricochet de cette modernisation puisqu'ils vont récupérer les rames avec conducteurs qui équipaient jusqu'ici la ligne 1.




Inauguration de l'automatisation de la ligne 1 du métro parisien le 3 nov. à La Défense par la ministre de l'Ecologie, NKM, Jean-Paul Huchon (Stif) et Pierre Mongin (RATP). © R.V - Cliquez pour agrandir la photo
Un défi technique

Cette automatisation progressive, la RATP la prépare depuis plusieurs années. Le projet remonte à 2004 et les premiers travaux d'infrastructures ont démarré en 2007 avec le renforcement et le rehaussement des quais, étape indispensable à l'installation de portes palières.

L'occasion pour Pierre Mongin de remercier ses équipes qui ont su relever ce défi technique mais aussi ses partenaires industriels : Siemens France a fourni les systèmes automatiques et le Poste de commande centralisé (PCC), Alstom, le matériel roulant.

Un défi également salué par NKM : "En tant qu'ingénieur, je sais qu'il est beaucoup plus simple de faire quelque chose d'innovant en partant de rien que de mettre de l'innovation dans de l'existant". Et par Jean-Paul Huchon qui a souligné "la capacité admirable de la RATP à respecter les délais".
Pluie de compliments méritée pour cet exploit technique qui, de surcroît, ne provoquera aucune suppression d'emplois.

Robert Viennet


Aux suivantes ?
La RATP prévoit-elle d'automatiser d'autres lignes de métro ? Au printemps 2011, Pierre Mongin avait révélé  que la prochaine sur la liste pourrait être la ligne 7 (lire).
Interrogé par Mobilicités le président de la RATP s'est voulu plus prudent : "Il n'y a aucun projet d'automatisation aujourd'hui. Ça nécessiterait d'abord un accord du STIF, et une discussion sociale qui n'a pas eu lieu. Nous venons de réaliser un investissement de de 700 millions d'euros. On ne peut pas le faire tous les jours".

Dans son discours, Jean Paul Huchon a pourtant déclaré : "On va certainement aller vers l'automatisation d'autres lignes mais on ne peut pas dire aujourd'hui, qu'on va automatiser tout le réseau de métro".

R.V.


 Ecrire à l'auteur
Tous les lundis matin, recevez gratuitement la newsletter de Mobilicités  S'inscrire



Toutes les actualités

En direct des réseaux
 
 
Livraisons en ville : le casse-tête du dernier kilomètre (sur LCP en partenariat avec Mobilicités)