- "Allo, ici Pierre Mongin, je suis avec la ministre de l'Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet et le président du STIF (Syndicat des Transports d'Ile-de-France) Jean-Paul Huchon. Vous êtes prêts, tout va bien ?
- Monsieur le président, nous sommes prêts et attendons votre feu vert
- Et bien, je vous donne mon autorisation pour faire partir les premières navettes voyageurs".
Il est 12h48, le 3 novembre 2011, quand le président de la RATP donne l'ordre, par talkie walkie, au PCC de la ligne 1, d'ouvrir aux voyageurs les quatre rames sans conducteur, en essai depuis plusieurs mois entre la Défense et Porte de Vincennes.
Les 250 conducteurs sont recasés En mariant sur une même ligne des rames automatiques (MP05) et des rames avec conducteur (MP 89), la RATP réalise une première mondiale. Objectif d'ici à fin 2012 : se passer de conducteur sur l'ensemble de la ligne. Suite à un accord social conclu en interne, les 250 conducteurs actuellement affectés à la 1 seront affectés à une autre ligne, ou occuperont une fonction d'encadrant.
Ça valait bien la présence d'une ministre et de tout un aréopage de personnalités, au premier rang desquelles on reconnaissait Jacques Barrot, ancien vice-président de la Commission européenne, chargé des Transports.
Les "plus" de l'automatisation
Mais pourquoi donc automatiser cette ligne dont le coût - 700 millions d'euros - a été supporté par la seule RATP ? D'abord, a expliqué Pierre Mongin, parce qu'il y avait priorité à moderniser une ligne qui est "la plus ancienne mais aussi la plus chargée du réseau avec 725 000 voyageurs-jour en moyenne".
Ensuite, cette automatisation "était le seul moyen de concilier trois attentes principales des voyageurs" :
- la capacité à l'heure de pointe qui augmentera de près de 20% grâce à la réduction de l'intervalle entre les rames (de 105 à 85 secondes) et aux rames qui peuvent accueillir 6% de passagers supplémentaires grâce, notamment, à la disparition des postes de conduite (à l'avant et à l'arrière).
- une meilleure régularité des intervalles, mais aussi la possibilité d'injecter des rames à tout moment en cas de besoin.
- le confort des voitures qui sont dotées d'une ventilation réfrigérée et d'une information en temps réel.
Les usagers de la ligne 4 vont bénéficier par ricochet de cette modernisation puisqu'ils vont récupérer les rames avec conducteurs qui équipaient jusqu'ici la ligne 1.

Inauguration de l'automatisation de la ligne 1 du métro parisien le 3 nov. à La Défense par la ministre de l'Ecologie, NKM, Jean-Paul Huchon (Stif) et Pierre Mongin (RATP). © R.V - Cliquez pour agrandir la photo
Aux suivantes ?La RATP prévoit-elle d'automatiser d'autres lignes de métro ? Au printemps 2011, Pierre Mongin avait révélé que la prochaine sur la liste pourrait être la ligne 7
(lire).
Interrogé par Mobilicités le président de la RATP s'est voulu plus prudent : "Il n'y a aucun projet d'automatisation aujourd'hui. Ça nécessiterait d'abord un accord du STIF, et une discussion sociale qui n'a pas eu lieu. Nous venons de réaliser un investissement de de 700 millions d'euros. On ne peut pas le faire tous les jours".
Dans son discours, Jean Paul Huchon a pourtant déclaré : "On va certainement aller vers l'automatisation d'autres lignes mais on ne peut pas dire aujourd'hui, qu'on va automatiser tout le réseau de métro".
R.V.