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17 Juin 2012   Groupes
  

La Caisse des Dépôts prête à prendre le contrôle exclusif de Transdev ?



Selon Le Figaro du 16 juin 2012, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) aurait refusé la nouvelle offre du fonds d'investissements Cube Infrastructure (Natixis) visant à racheter la part de Veolia Environnement dans leur filiale commune de transport public, Veolia Transdev. La Caisse serait prête à monter à 60% du groupe.



Augustin de Romanet (ex président de la CDC) et Antoine Frérot, pdg de VE, lors de la fusion de Veolia Transport et de Transdev en mai 2011. Depuis, VEcherche à vendre sa participation dans cette filiale commune. © N.A
Le fonds d'investissements luxembourgeois Cube Infrastructure qui avait présenté son offre le 8 juin 2012, associé à des partenaires financiers dont une filiale du Crédit Agricole, proposait de racheter 45% de la part de Veolia dans le groupe de transport public Veolia Transdev (VTD), pour un montant de 550 millions d'euros.
Dans cette configuration, Veolia gardait 5% du capital de Transdev. Et la dette de 900 millions d'euros correspondant à la part détenue par Veolia environnement (VE) dans Veolia Transdev était ainsi soustraite des comptes du géant des services aux collectivités locales.

Partenaire à parité avec Veolia dans cette filiale commune, la Caisse des Dépôts aurait refusé cette offre qui expirait le 15 juin, jugeant qu'elle ne valorisait pas suffisamment VTD.
Le bras armé financier de l'Etat a sans doute aussi vu d'un mauvais œil les velléités de Cube sur la gouvernance du futur groupe recomposé (lire notre précédent article : "La vente de Veolia Transdev se complique de plus en plus").
Cube aurait eu des exigences en matière de gouvernance car il voulait pouvoir désigner l'équipe dirigeante et prévoyait des "cessions d'actifs massives aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne, en Australie... qui auraient amputé d'un tiers environ le résultat opérationnel de VTD", ravivant les craintes d'un démantèlement.
Du coup, la CDC aurait proposé une alternative à VE en vertu de laquelle elle prendrait le "contrôle exclusif" de VTD en portant sa participation à 60% en convertissant "tout ou partie de leurs créances d'actionnaires respectives", soit l'équivalent de 800 millions d'euros de capital, croit savoir Le Figaro.

Le quotidien ajoute qu'"un prêt bancaire viendrait rembourser une autre partie de la dette de VTD due à Veolia" et "quelques cessions d'actifs" permettraient à VE "d'atteindre le but ultime recherché: sortir de son bilan l'essentiel de la dette supportée au titre de son activité transport".


Refus tactiques

"Les péripéties de ces six derniers mois avec Cube n'avaient de toutes façons que la vocation tactique d'amener précisément la Caisse des dépôts à faire une offre", a déclaré une source proche du dossier, citée par le journal. 

Le Figaro précise par ailleurs qu'outre l'offre de Cube, Keolis (SNCF) et la RATP "sont plus qu'à l'affût" puisqu'elles auraient proposé il y a trois mois un projet commun de reprise d'actifs internationaux et français pour plus d'un milliard d'euros.
Et le groupe allemand Rethmann avait également fait part récemment de son vif intérêt pour des actifs en Allemagne et en République tchèque, ajoute-t-il (lire notre précédent article sur ce sujet).
Mais "si on démantèle le réseau international de VTD, on sape sa capacité à rester un acteur majeur sur le marché français", a prévenu un proche du dossier.

Nathalie Arensonas



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