Rechercher

12 Juin 2012   Ferroviaire
  

Cet été, la SNCF veut concurrencer la voiture avec ses Intercités low cost



Misant sur la hausse du prix de l'essence, la compagnie ferroviaire tente une percée sur le marché des vacances avec des billets "100% éco". A partir du 30 juin 2012, elle revisite son offre de trains Intercités avec des tarifs à partir de 15 euros pour descendre à Toulouse ou aller à Deauville. Même les couettes dans les trains de nuit seront plus moelleuses.



La nouvelle couette dans lrs trains de nuit sont souvent volées selon la SNCF.© DR - Cliquez pour agrandir la photo

Pour les vacances, il y a une vie à côté des TGV. C'est le message que semble vouloir faire passer la SNCF avec le toilettage de son offre commerciale sur les trains Intercités, ex Corail, Lunea et Teoz, qui sont par ailleurs en train de subir une cure de rénovation.
Chaque jour, ils transportent 100 000 voyageurs contre 300 000 pour les TGV.

En attendant les TGV low cost prévus en 2013 et qui ne partiront pas des gares centrales parisiennes, le Paris-Toulouse de 9h23 (arrivée 16h30) démarre à 15 € par trajet en seconde classe (25 à 30 € en 1ère), et ne grimpe pas plus haut que 30 €. La liaison à prix cassée vers la Ville rose existe depuis plus d'un an, tous les week-ends.

Et à partir du 30 juin 2012, ce même prix d'appel de 15 € (jusqu'à 25 €) sera proposé sur le Paris-Deauville de 7h45 (7h12 au départ de Deauville),  tous les week-ends jusqu'à fin septembre (du vendredi au dimanche). Prix garantis même pour un achat de dernière minute, billet non échangeable ni remboursable. Mais il n'y aura qu'un seul train par jour à ce tarif-là, dans les deux sens. Seule contrainte, acheter son billet sur internet.


"30 euros l'aller-retour coucher du soleil inclus"

Objectif, "Ramener les automobilistes vers le train et faire un aller-retour à la plage pour 30 euros, coucher du soleil inclus," résume Christophe Fanichet, directeur de l'activité Intercités, qui estime à 200 000 le nombre de voyageurs ayant emprunté le train entre Paris et Toulouse à prix cassé, en 2011.
Une offre loisir pour tenter de grignoter des parts de marché sur la voiture, sans faire de l'ombre aux autres trains Intercités ou au TGV, en attendant l'arrivée d'autocars longue distance à l'intérieur du territoire français ? "Cette offre ne mange pas notre cœur de marché, les prix d'appel ne sont valables que sur le premier et le dernier train de la journée", répond Christophe Fanichet.


Tarif Minigroupe


Et pour mieux concurrencer la voiture qui a toutefois le mérite de transporter 2 ou 5 personnes pour le même coût, la SNCF lance le tarif Minigroupe, valable toute l'année : si vous voyagez à plus de deux, la troisième personne paie 10 euros supplémentaire (offre valable jusqu'au 5e voyageur). Exemple : un Paris-Le Touquet pour deux coûte 32 €; à cinq, le voyage en aller-simple revient à 94 euros (contre 50 € en voiture selon les caculs de Mappy). La SNCF va tester ce tarif minigroupe sur une soixantaine de destinations, cet été.

Enfin, si vous voyagez en tribu et voulez rester entre vous, la compagnie propose de privatiser ses compartiments normalement prévus pour six personnes (quatre en 1ère classe). A partir du quatrième passager, pour 40 € de plus, le compartiment est à vous ! (+70 € en 1ère pour voyager à 2 au lieu de 4).


Dans de beaux draps

Pour enrayer le déclin du trafic sur les trains de nuit (lié au manque de possibilité de réserver son billet longtemps à l'avance à cause du manque de visibilité de la SNCF sur les sillons que Réseau ferré de France va lui libérer, selon Christophe Fanichet), la SNCF déploie des trésors d'imagination.
Si vous êtes une femme par exemple, vous pouvez réserver en ligne un compartiment couchettes "dame seule" sur les trains de nuit. Ça, c'est gratuit.

"Non seulement on maintient nos trains de nuit, mais en plus, on va redynamiser notre offre", explique le patron d'Intercités qui brandit la nouvelle couette douillette que la SNCF a acheté en Chine pour dorloter ses passagers du Paris-Toulouse de nuit. "Elles plaisent beaucoup, peut-être même trop, elles sont souvent volées", témoigne Béatrice Chavanel, responsable du marketing chez Intercités.
Bientôt une petite note au dessus des couchettes proposant d'acheter la couette de la SNCF en gare, plutôt que de la dérober, comme pour les peignoirs dans les hôtels ? "On réfléchit à un bip antivol," confie la représentante de la SNCF. A 15 euros le coût de revient de la couette, difficile de rentabiliser le tarif low cost des Intercités de l'été...

Nathalie Arensonas



Intercités en chiffres
Les trains Intercités font partie de la branche Proximités de la SNCF qui regroupe aussi les TER, Transilien et Keolis, et est depuis début juin 2012 "animée" par Joël Lebreton (ancien président de Transdev avant la fusion avec Veolia en 2011) (lire).

  • 100 000 voyageurs par jour soit (contre 300 000 voyageurs à bord des TGV)
  • 36 millions de voyageurs en 2011, en hausse de 2,5% par rapport à 2010
  • 38 lignes
  • 367 villes desservies dans 21 régions
  • 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2011
  • Taux de remplissage : 65% sur les trains de jour, taux non communiqué sur les trains de nuit.


Vous souhaitez apporter un complément, rectifier une information ? Contactez l'auteur

Tous les lundis matin, recevez gratuitement la newsletter de Mobilicités  S'inscrire




Toutes les actualités


 

Fil d'info
 
En direct des réseaux