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29 Mars 2011   Environnement
  

Bruxelles dévoile ses objectifs pour les transports à l'horizon 2050



Dans un Livre blanc publié le 28 mars 2011, la Commission européenne détaille sa vision des "Transports en 2050". Bruxelles insiste notamment sur la généralisation du principe "pollueur-payeur". Télécharger le document sur Mobilicités.



Bruxelles dévoile son Livre Blanc "Transports 2050". Trouvera t-il une traduction législative au Parlement européen (en photo) ? ©DR
Dix ans après sa vision pour les transports à l'horizon 2010 qui s'est concrétisé avec plus ou moins de succès, la Commission européenne a publié le 28 mars 2011 son nouveau Livre blanc à l'horizon... 2050, cette fois.

Ce nouveau document de vision détaille la stratégie globale de la Commission européenne et vise à "mettre en place un système de transport compétitif qui favorisera la mobilité", tout en réduisant la dépendance de l'Europe à l'égard des importations de pétrole et en "faisant baisser de 60% les émissions de carbone liées aux transports d'ici 2050".


Vœux pieux et 1 500 milliards d'investissement nécessaires

Comment ? En supprimant les véhicules à carburant traditionnel dans les villes, en portant à 40% la part des carburants durables à faible teneur en carbone dans l'aviation et en réduisant d'au moins 40% les émissions dues au transport maritime. Enfin, en s'asurant que "50% du transport routier de passagers et de fret sur moyenne distance s'effectue par voie ferrée et par voie navigable".

Voeux pieux, mais avec quels moyens ? "Pour que le développement des infrastructures de l'Union européenne satisfasse la demande de transport, il a été estimé que plus de 1 500 milliards d'euros devaient être investis entre 2010 et 2030. Des montants qui donnent le vertige. D'où la réaffirmation du principe du "pollueur payeur".
"L'autofinancement est l'avenir, car il n'y aura de moins en moins de deniers publics", a souligné Siim Kalas, le commissaire européen chargé des transports.

Encore plus ambitieux que ceux du Livre blanc de 2001, ces nouveaux objectifs e sont-ils réalistes ? (lire l'encadré pour en connaître les détails). Trouveront-ils des traductions législatives européennes et dans les Etats membres ? "Ce sont des bons objectifs, ce qui ne va pas de soi, c'est le chemin pour y parvenir", observe Bernard Soulage, vice-président de la Commission Europe au Groupement des autorités responsables de transport (Gart).
En attendant, la Commission invite le Parlement européen et le Conseil à approuvé la présente feuille de route et la liste des actions à mener.

Nathalie Arensonas





Les objectifs de "Transports 2050"
  • Généraliser le principe du"pollueur-payeur" : ceux qui utilisent les infrastructures de transport d'en supporter les coûts. "L'objectif à long terme est de faire supporter aux utilisateurs, sur tous les véhicules et tout le réseau routier, au minimum les coûts liés à la maintenance de l'infrastructure, aux embouteillages, à la pollution de l'air et au bruit". D'ici à 2020, la Commission proposera aussi une approche commune pour faire supporter aux trains le coût de la pollution et du bruit sur tout le réseau ferroviaire.
  • Augmenter la part du fret ferroviaire. Bruxelles veut que "30% du fret routier sur des distances de plus de 300 km bascule vers d'autres modes comme le transport ferroviaire ou fluvial d'ici à 2030, et plus de 50% d'ici à 2050".
  • Réduire les émissions de CO2 dues aux transports d'ici à 2030 et même de 70% d'ici à 2050 (par rapport aux niveaux de 2008), la Commission voudrait diminuer de moitié la présence des véhicules traditionnels à essence ou diesel dans les villes d'ici à 2030, et les en chasser d'ici à 2050, même si cela ne relève pas seulement de sa compétence. A cette date, le transport aérien devra utiliser 40% de carburants à bas carbone et le transport maritime devra avoir réduit ses émissions de 40% par rapport à 2005. Plus généralement, Bruxelles veut limiter la dépendance des transports européens au pétrole (96% aujourd'hui).
  • Finir la libéralisation. La Commission confirme  sa volonté d'ouvrir à la concurrence le transport domestique de passagers par voie ferroviaire.
  • Fluidifier les déplacements. Bruxelles voudrait que la longueur des réseaux ferroviaires à grande vitesse soit triplée d'ici à 2030. L'objectif: que l'essentiel du transport de passagers sur des distances moyennes se fasse, d'ici à 2050, par le rail. Les principaux aéroports devront, à cette date, être connectés au réseau ferroviaire, si possible à grande vitesse.

Télécharger le Livre Blanc "Transports 2050"


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