"Une autre voie que celle du tout automobile est possible dans notre pays", a lancé le maire de Strasbourg où la voiture n'est plus en odeur de sainteté depuis plus de dix ans.
Grâce à sa politique de mobilité durable qui repose sur un développement massif des transports publics et des modes doux, la capitale alsacienne a réussi à réduire de 30% le nombre de voitures.


La voiture sous la barre des 50% à Strasbourg

"Strasbourg est aujourd'hui la première agglomération dans laquelle la part des déplacements réalisés en voiture est passée sous le seuil de 50%". Notamment grâce à la construction de 56 kilomètres de voies de tramway, 536 km de pistes cyclables et de 1 500 places de stationnement.

"Ce modèle de développement est fondé sur une autre façon de vivre ensemble. Il faut étendre ce cercle vertueux à l'ensemble des territoires et non plus seulement aux grandes agglomérations". Allusion aux villes moyennes qui développent des solutions de mobilité "efficaces et innovantes", mais dont les marges de progression restent importantes du fait de la prédominance de la voiture. D'où la nécessité d'accompagner ce changement des mentalités et des pratiques.


40 projets de TCSP

Selon le Groupement des autorités responsables de transports (GART), co-organisateur des Rencontres du transport public avce l'UTP, ce changement ne peut se réaliser sans le rôle "d'un Etat stratège" qui définit les grands principes et qui accompagne les collectivités dans la mise en œuvre de ces politiques.

"Nous ne pourrons pas gagner la bataille culturelle en faveur des transports publics en nous contentant de pointer les comportements automobilistes", a poursuivi Roland Ries. "Nous devons offrir une alternative crédible qui soit attractive et apporte un avantage comparatif significatif".
Ce qui nécessite des moyens supérieurs à ceux dont disposent actuellement les collectivités locales. C'est la raison pour laquelle le GART souhaite que l'Etat engage le plus rapidement possible les procédures nécessaires au lancement d'un troisième appel à projets de transport collectifs en site propre (TCSP). Soit une quarantaine de nouveaux projets.

"Il en va à la fois du respect des engagements de l'Etat pris dans le cadre du Grenelle de l'environnement mais aussi et surtout de la nécessité de poursuivre l'effort considérable que les collectivités locales ont entrepris ces dernières années - plus de 8 milliards d'investissement - pour offrir des solutions d'avenir à nos concitoyens". Un vœu pieux qui a peu de chance d'aboutir avant l'échéance du printemps 2012.


"J'aimerais bien mais..."

Interrogé à l'issue d'une visite aux Rencontres nationales du transport public le 13 octobre après-midi, Thierry Mariai a répondu que le gouvernement ne lancera pas à brève échéance de nouvel appel à projets pour la construction de lignes de transports en commun en site propre.

"Je voudrais le faire, mais je ne donne pas de date. Je ne pense pas que ce sera l'année prochaine", a déclaré le ministre des Transports, mettant en avant des raisons budgétaires. "Nous allons déjà voir si tous les projets subventionnés sont allés à leur terme", a-t-il ajouté.


Christine Cabiron avec Nathalie Arensonas