La polémique autour du transfert de Roms, le 31 août à bord d'un tramway de la RATP sur la ligne Saint-Denis-Bobigny, est venue gâcher la fête. Alors qu'il venait présenter devant la presse des indicateurs financiers au vert, un trafic à la hausse et des investissements conséquents (545 millions d'euros au 1er semestre), le patron de la RATP, Pierre Mongin, s'est fait rattraper par l'affaire du tramway réquisitionné par les forces de police pour transporter des Roms expulsés d'un campement et transportés dans des conditions équivoques.

"Nos moyens de transport ont été utilisés par des fonctionnaires de police, j'en a ai été averti par un élu qui se trouvait là par hasard (le conseiller général PC de Seine-Saint-Denis Gilles Garnier, NDLR). La RATP n'est absolument pas en cause dans cette affaire", s'est justifié Pierre Mongin, ajoutant : "Un tram, ça n'est pas fait pour ça !" En effet...


Trafic en hausse mais ralenti en juin

Le chiffre d'affaires consolidé du groupe RATP a progressé de 10% à 2,58 milliards. "Les résultats semestriels 2011 sont très bons et en avance sur nos prévisions", s'est donc légitimement félicité Pierre Mongin.
Le trafic a augmenté de 1,6% au premier semestre 2011 (tarifs sociaux inclus), mais une baisse de fréquentation en juin (-2%) pourrait préfigurer de moins bons résultats au second semestre : "Nous restons prudents, selon moi, nous ne sommes jamais sortis de la crise de 2008. Nous sommes très élastiques au marché du travail, a commenté le patron de la RATP. Dès que le chômage augmente comme aujourd'hui, nos recettes diminuent".
 
En attendant, au premier semestre 2011, le bénéfice net du groupe a plus que doublé (231 millions d'euros contre 110 millions pour le premier semestre 2010) grâce à des gains de productivité et des plus-values exceptionnelles.
La refonte du groupe d'ingéniérie Systra (lire) et le dénouement de la fusion Veolia Transdev en mars 2011 ont en effet permis à la RATP de récupérer des actifs en France et à l'étranger, en contrepartie de sa sortie du capital de Transdev. Seize entreprises au total.
La filiale RATP Dev a continué par ailleurs son grignotage à l'étranger où elle réalise 56% de son chiffre d'affaires, soit 362 millions d'euros. Pour exemple, le rachat de Metrolink à Manchester en août (lire). En Italie, la filiale s'est toutefois désengagée du réseau des transports urbains de Gênes hérité de Transdev.
"Nous allons inaugurer le métro d'Alger à l'automne 2011 et avons répondu à différents appels d'offres, à Washington, Casablanca et en Asie", a indiqué Jean-Marc Janaillac, pdg de RATP Dev.


Investissements massifs

En Ile-de-France, les investissements sont légion - un milliard d'euros au second semestre dont 259 millions par emprunt- avec des projets livrés au second semestre : premier métros trains automatiques sur la ligne 1, rames à deux niveaux sur le RER A, prolongement de la ligne 8 du métro à Créteil.
Au 30 juin 2011, la dette de la régie s'élevait à 5 milliards d'euros.  "Parce que la RATP est propriétaire de l'immense usine à transport d'Ile-de-France", a justifié Alain Leduc, directeur financier du groupe. D'où le changement comptable qui doit intervenir en 2012 et qui scindera l'activité de gestionnaire des infrastructures de celui d'opérateur de transport (lire l'encadré ci-dessous).

Concernant le Grand Paris Express, la RATP a remporté l'appel d'offres pour les études relatives au système automatique du futur métro, les stations-types et les infrastructures liées au prolongement de la ligne 14.


Nathalie Arensonas