Le tribunal administratif de Nîmes saisi du chantier du Tram'bus a suivi les demandes du rapporteur public qui, début juillet 2011, avait donné raison aux plaignants sur les problèmes soulevés : l'abattage de dizaines d'arbres autour du centre historique de la cité gardoise (le quartier de l'Ecusson), et l'absence d'étude d'impact avant le début des travaux de cette nouvelle infrastructure de transport urbain.

La municipalité dirigée par Jean-Paul Fournier a décidé de faire appel. "Par ailleurs, j'ai demandé aux services techniques et administratifs de travailler, en lien avec les avocats chargés de ce dossier, afin qu'il me soit proposé d'ici à la fin de l'été la solution la mieux adaptée pour réaliser, dans les meilleures conditions possibles, la remise en état des boulevards de l'Ecusson, en application de la décision du Tribunal administratif", précise le sénateur-maire UMP dans un communiqué.

Le Tram'Bus, également baptisé Tango+ (du nom du réseau de transport urbain Tango) est un projet de Bus à haut niveau de service (BHNS) qui devait circuler mi-2012 sur six kilomètres et en site propre dans les rues de Nîmes. Avant l'arrivée d'un vrai tramway en 2016.


La cause des arbres

Le rapporteur public avait estimé que ces abattages constituaient une violation du règlement de sauvegarde et de protection du secteur concerné. Il avait aussi reconnu que les études préalables "n'avaient pas analysé les effets des travaux sur la population et sur la pollution atmosphérique".

Les avocats de la municipalité avaient admis "certaines erreurs techniques" dans la mise en place des travaux du futur tram-bus et mis en avant le droit pour une ville de solliciter de nouveaux permis d'aménager en tenant compte des irrégularités constatées.

Début avril 2011, le tribunal avait déjà suspendu l'exécution du permis d'aménager suite à deux requêtes déposées par des habitants et par l'Aspiq (Association pour la sécurité des périphériques et l'intercommunicabilité des quartiers et des communes de l'agglomération de Nîme - lire notre article).

Dès cette décision, Jean-Paul Fournier avait notifié l'arrêt provisoire dans le centre du chantier. Il avait demandé aux ouvriers de reboucher les trous en centre ville.
Les travaux se poursuivent toutefois sur la portion qui mène de la sortie de l'autoroute A54 jusqu'aux Arènes de Nîmes, soit les trois-quart du tracé. Cette partie devrait être inaugurée en juin 2012.

En septembre 2011, le tribunal administratif doit par ailleurs examiner d'autres recours portant cette fois sur l'utilité du projet de Tram'Bus. Affaire à suivre...

Nathalie Arensonas