L'association Agir pour le transport public indépendant doit se frotter les mains : à partir de la rentrée 2011,  les autocars de la nouvelle régie publique des transports des Pyrénées-Orientales (66) remplaceront ceux des Courriers catalans, filiale de Keolis (groupe SNCF).

Et dans le Tarn (81), la Société publique locale (SPL-lire) qui verra le jour à la rentrée 2011, sera opérationnelle en septembre 2012. En juin, la région Rhône-Alpes avait fait le même choix pour 11 lignes d'autocars TER.

"Nous voulons apporter un meilleur service" et "maîtriser les coûts", explique Jean-Franck Cornac, directeur des transports au conseil général du Tarn. Jusqu'à présent, le conseil général du Tarn versait près de sept millions d'euros de subvention aux entreprises privées pour assurer cette mission de service public; une somme qui sera désormais allouée à "D'un point à l'autre", la future SPL.

"Les 14 sociétés (privées) tarnaises font bien leur travail mais ne font aucune proposition" sur le développement du réseau de transport, justifie le président PS du conseil général, Thierry Carcenac.


Les tarifs ne changent pas

Malgré l'initiative, la structure publique aura tout de même besoin de ces structures privées. "On va exploiter le réseau Tarn bus mais pour les lignes secondaires, celles dont les terminus sont relativement éloignés, la SPL ne pourra pas être compétitive", a-t-il expliqué à l'AFP.


Rien ne changera pour les usagers en ce qui concerne les tarifs " deux euros pour traverser le département du Tarn d'un bout à l'autre pour deux euros (tarif unique), assure Jean-Franck Carnac.

Dans les Pyrénées-Orientales, le billet reste à un euro, quelle que soit la longueur du trajet. Le conseil général  également à majorité socialiste, a acheté une flotte de plus de 100 autocars pour assurer la desserte locale, du littoral méditerranéen aux stations de ski pyrénéennes.


La DSP reste majoritaire

Les collectivités locales semblent prendre le virage de l'indépendance, mais la tendance lourde reste celle de la délegation de service public (DSP). Dans le transport interurbain, près de 90% des contrats sont des délégations de service public.

Pour le Groupement des autorités responsables de transport (Gart), "la régie ou la SPL permettent de pallier le manque de concurrence dans le secteur des transports mais, d'un autre côté, on ne peut pas ne pas reconnaître aux opérateurs privés un indiscutable savoir-faire", estime son président Roland Ries, maire de Strasbourg. 

Dans la Drôme, les élus départementaux projettent de transformer la régie des transports interurbains (qui exploite 14 des 37 lignes régulières) en Société publique locale : "ce projet de SPL est lié à l'intérêt que représente cette solution pour la mise en place d'un outil public commun à plusieurs AOT (Drôme, Ardèche, agglomération de Valence)", commente Alain Matheron, vice-président du conseil général de la Drôme.


Nathalie Arensonas