Ils commencent à fleurir dans les quartiers en zone 30, ces pannonceaux bleux et blancs montrant un double sens estampillé d'un petit vélo. Cela signifie que dans cette rue à sens unique où la vitesse est limitée à 30 km/h, les automobilistes et motocyclistes sont susceptibles de croiser un cycliste, en sens inverse... Et en toute impunité.

De l'autre côté de la rue, un autre autre panneau de sens interdit surmonté d'un  "sauf vélos", autorise en effet les adeptes de la petite reine à s'engouffrer  dans la rue.
L'autorisation prend automatiquement et pleinement effet le 1er juillet 2010, et les communes qui refusent le double-sens cycliste doivent prendre des dispositions contraires.

Objectif de cette trangression, créer "des zones de rencontre" entre modes de transport doux et voitures pour calmer le jeu. Une notion introduite dans la réglementation française avec le décret 2008-754 du 30 juillet 2008. Ces zones permettraient de réduire la vitesse en ville ainsi que les risques d'accident.


Revendication des cyclistes


Le double sens vélo est revendiqué depuis longtemps par les associations militantes de cyclistes comme Mieux se déplacer en ville (MDB) qui affirment qu'il ne présente aucun danger, pas plus que si deux voitures se croisent sur une étroite route départementale, obligeant les deux véhicules à ralentir.

En 2008, le Certu (Centre d'études sur les réseaux, le transport et l'urbanisme) a publié une étude sur le risque des aménagements permettant aux cyclistes d'emprunter des rues en zone 30  à contre-sens. En cinq ans, à Ilkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin), une ville qui pratique le contre-sens cycliste depuis longtemps, aucun accident corporel impliquant un cycliste n'aurait été constaté. Alors, pédalez gaiement, mais restez prudents.