C'est sûr, Dostoïevski n'est pas franchement connu pour sa légėreté et sa drôlesse. Pire, il pourrait inciter les usagers du métro moscovite déjà en proie au blues, à se jeter sous les rails pour en finir avec leur mal être.
C'est en tout cas ce que pense le directeur des transports moscovites qui devait inaugurer samedi 15 mai 2010 une nouvelle ligne de métro à Moscou. Elle restera fermée jusqu'à nouvel ordre. En cause, les fresques géantes représentant des scènes des romans d'un des plus grands auteurs russes, jugées trop déprimantes.

Une hâche, ça donne des idées

Cachez ce Rodion Raskolnikov qui, dans Crime et Châtiment, brandit une hâche contre le pauvre Alyona Ivanovna et sa sœur pour les tuer.
Démontez ce personnage pressant un pistolet contre sa tempe. Ces images géantes qui devaient décorer les murs des nouvelles stations de métro de la capitale russe ont causé l'émoi des bloggeurs et défrayé la chronique sur les sites web russes : trop démoralisantes ont jugé les internautes, elles pourraient inciter les voyageurs à se suicider.

La décision de conserver ou non les fresques littéraires revient maintenant au maire de Moscou. On pourrait faire confiance au goût prononcé de l'édile pour les œuvres d'art controversées et espérer qu'il ne va pas censurer Dostoïevsky : récemment, il a toutefois été obligé de renoncer aux posters géants de Staline le jour des célébrations de la victoire de l'armée russe contre les Nazis dans la capitale russe.