craignent de voir débarquer l'insécurité urbaine. La promesse du défunt Georges Frêche est tenue : le TER est à un euro en Languedoc-Roussillon, sur une ligne. D'autres devraient suivre en 2012 et 2013.
"Si nous voulons favoriser le développement économique, l'emploi, le pouvoir d'achat de nos concitoyens et protéger l'environnement, il ne faut pas que le coût du transport ferroviaire soit un obstacle. Actuellement les tarifs sont trop élevés", estime Christian Bourquin, successeur de Georges Frêche (décédé en octobre 2010) à la présidence du Languedoc-Roussillon.
Lors des élections régionales de mars 2010, l'ancien président régional s'était en effet engagé à instaurer un titre unique à 1 euro dans les TER.

C'est chose faite depuis le 2 juillet 2011, entre Nîmes et le Grau du Roi. Un sacré coup de pouce pour les usagers puisque actuellement le prix moyen des billets des trains régionaux est de 7,5 euros.
"Cette expérimentation préfigure la version définitive du projet : la généralisation du TER à 1 euro à l'ensemble du réseau languedocien pour 2013".
Mesure qui, selon l'élu, devrait permettre de multiplier par cinq la fréquentation des TER et la porter à 100 000 voyageurs par jour.

 
Offre constante

Si cette nouvelle tarification sera instaurée à offre constante, la région est prête à augmenter de 5 à 10% son budget accordé aux transports (105 millions d'euros par an) pour financer une partie de ces moyens supplémentaires. De son côté, la SNCF a d'ores et déjà ajouté une voiture supplémentaire à ses trains pour anticiper la hausse de la fréquentation. "Nous en mettons systématiquement quatre, là où l'année dernière il y en avait trois".

En interne, la SNCF a joué la carte de la pédagogie pour rassurer les cheminots.  "Avoir plus de clients dans les trains, est une bonne chose pour nous et pérennisera notre activité. De plus, c'est une formidable occasion d'anticiper des évolutions probables dans le monde ferroviaire". Notamment le développement de la vente par internet et par distributeur. "Avec le TER à 1 euro, nous nous orientons vers un système un peu urbain".

Autre évolution possible : le rôle des contrôleurs, amenés à faire plus d'information. "Honnêtement, tous seul, nous n'aurions peut-être pas eu l'idée de mettre les TER à ce prix-là", admet Jean Ghédira, directeur TER du Languedoc Roussillon.
"Ce qui me frappe aujourd'hui, c'est la prise de conscience de toutes les équipes pour réussir ce pari. Nous avons pour cela eu plusieurs réunions très constructives avec les organisations syndicales et nous espérons que cela va entraîner un changement des mentalités et permettre à la SNCF de prendre un nouveau virage ». Pour sa part, Christian Bourquin est persuadé que "cette initiative dépassera le cadre de la région".


Insécurité ?

Réunis sous la banderole "Commerçants en colère, TER = insécurité", plus d'une cinquantaine de manifestants sont venus dire leur opposition au Grau du Roi, terminus du TER à 1 euro.
Ils craignent de voir "débarquer l'inscurité urbaine", le prix dérisoire du trajet incitant la "racaille" à emprunter le train sans le respecter.
Des élus UMP étaient aussi présents, comme le député-maire du Grau-du- Roi Étienne Mourrut, ou des élus Front national...


Christine Cabiron (avec Nathalie Arensonas)