Mis en place en juin 2007, le système de vélos en libre-service d'Aix-en-Provence aura à peine atteint sa quatrième année. Faute d'abonnés (143 ces derniers mois contre 300 en 2008) les élus aixois ont décidé d'arrêter les frais qui s'élevaient à 650 000 euros par an.

Les 200 bicyclettes V'Hello ont donc disparu du paysage fin mai 2011, en attendant le démontage complet des 16 stations, prévu d'ici au 8 juillet.

"C'est un cas particulier", assure JCDecaux, qui gère des vélos en libre service dans 15 villes françaises, expliquant que si la muncipalité d'Aix devait verser une telle contribution au groupe, c'est parce que les espaces publicitaires étaient insuffisants pour financer le dispositif. Dans un rapport publié en 2010, la Chambre régionale des comptes avait épinglé le dispositif, pointant "une mise en concurrence limitée" au moment du lancement de l'appel d'offres, "ayant abouti à une absence de négociation du prix des vélos".

  
Pas de station dans le centre ville

Autre raison de cet échec, la topographie de la ville. Aucune station n'avait pu être implantée dans le centre historique pour des raisons architecturales, tandis qu'en périphérie, "ça monte beaucoup et les vélos étaient relativement lourds", avance la collectivité locale.

Le contrat devant expirer en 2019, des négociations sont en cours pour déterminer le montant des indemnités à verser à l'afficheur.

Quant à l'argent économisé, la ville d'Aix promet de le réinvestir dans des pistes cyclables ou la mise en place de boxes pour garer les vélos.

 
D'autres échecs attendus ?

L'échec des vélos en libre-service d'Aix en Provence en annonce-t-il d'autres ? A Marseille, la grande voisine le système, sobrement baptisé "Vélo", est en mauvaise posture.

Depuis 2008, première année pleine après son lancement en octobre 2007, le nombre d'utilisations a chuté de 20,7% en 2009 et 15,7% en 2010. Le service, géré par JCDecaux à travers sa filiale Cyclocity pour le compte de Marseille Provence Métropole (MPM), comprend environ 1000 bicyclettes réparties dans 130 stations.

Mais au final, les stations sont concentrées dans le centre-ville et le long du littoral. Le service s'arrête après minuit, en même temps que les transports publics, quand il est donc susceptible d'être le plus sollicité. L'équilibre des stations est très mal assuré entre stations vides et pleines. Conscient, MPM s'est déjà attaqué au problème : des améliorations au niveau du site Internet et du vélo même (qualifié de "tank" par ses utilisateurs) sont à l'étude ; un diagnostic a été fait sur chaque station pour aller dans le sens des usages constatés.

Encore faut-il proposer également un réseau de pistes cyclables digne de ce nom et le "schéma directeur des modes doux" auquel MPM vient de s'atteler laisse les observateurs sceptiques.


Robert Viennet avec Afp