Le 14 avril 2010, le soir même de l’annonce par Brice Hortefeux d’un plan national pour anticiper les violences dans les transports publics, trois bus des Courriers d’Ile-de-France étaient à nouveau caillassés au Tremblay-en-France (lire l’encadré ci-dessous).

Les conducteurs du réseau exploité par Keolis sont de nouveau en grève, faisant jouer leur droit de retrait. Ils réclament la sécurisation des transports collectifs en seine-Saint-Denis.
Depuis quelques semaines, les transports collectifs sont le théâtre de faits divers très violents : sept contrôleurs agressés à Houilles le 13 mars, bus caillassés et brûlés le 31 mars au Tremblay-en-France, voyageur poussé sur la voie du RER A et voyageur lynché à la descente du tramway à Grenoble début avril.

Caméras pas cachées


Au cœur du plan de sécurisation gouvernemental présenté en gare de Houilles justement : de la vidéosurveillance et la création d’une "task force". "Je veillerai personnellement à ce que les opérateurs tiennent leurs engagements et les délais de leur plan d’équipement (en caméras de vidéosurveillance ndlr), a lancé Brice Hortefeux en présence de Guillaume Pépy, le président de la SNCF.
La compagnie ferroviaire s’est engagée à passer de 14 000 caméras à 25 000 d’ici à 2013 (100 millions d’euros), avec notamment des caméras embarquées dans les rames.

Aujourd’hui, 446 gares sont vidéosurveillées (6 300 caméras), surtout en Ile-de-France qui concentre 60% de la délinquance dans les transports publics. Dans les métros et les RER, on recense 8100 caméras.
Les bus et les tramways compteraient 17 000 caméras embarquées selon les estimations du ministre de l’Intérieur qui a annoncé 30 millions de crédits consacrés à la vidéoprotection dans le cadre des crédits du Fonds interministériel de prévention de la délinquance. 
Quid des TER ? "Une partie des 30 millions d’euros consacrés en 2010 à la vidéosurveillance pourraient alimenter les contrats locaux de sécurité transport", a répondu le ministre de l’Intérieur.

QG bimensuel

Par ailleurs, tous les 15 jours, Brice Hortefeux va réunir une "task force pour la sécurité dans les transports", composée du secrétaire d’État aux Transports, Dominique Bussereau, des responsables des forces de sécurité (préfet de police, directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationale) et des dirigeants de principaux opérateurs de transport (SNCF, RATP).
Ce quartier général bimensuel qui sera organisé place Beauvau est censé aider à anticiper l’insécurité dans les transports publics : il s’appuiera sur les informations quotidiennes transmises par "une nouvelle unité de coordination de sécurité des transports en commun".

Le ministre de l’Intérieur a aussi évoqué la mise en place et le développement de "patrouilles polyvalentes métro, RER, train, bus pour leur donner la même mobilité que celle des délinquants". Enfin, les préfets ont jusqu’à fin mai pour dresser la cartographie des protections, gare par gare, train par train, tramway par tramway.

Ils ont rencontré le 15 avril l'actuel et le futur préfets de Seine-Saint-Denis et au cours de cette réunion, plusieurs annonces ont été faites aux salariés, selon les syndicats. "Ils nous ont promis un renforcement très rapide des effectifs de police à Tremblay-en-France et un quadrillage plus serré dans les zones sensibles, a détaillé un représentant CGT. Ils ont également annoncé l'ouverture de discussions en vue de la mise en place d'une table ronde avec le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), Keolis (actionnaire majoritaire des CIF) et les associations de Tremblay-en-France", a-t-il ajouté.

N.A