Alors que les parlementaires examinent l'avant-projet consolidé du Schéma national des infrastructures de transport (Snit), et que le rapporteur du budget Transports Hervé Mariton l'a récemment écorné (lire l'article), le Think tank Transport développement intermodalité environnement (TDIE) enfonce le clou.

Selon l'association spécialisée dans la mobilité et les transports, ce schéma censé donner les orientations en matière de transports à l'horizon 2030 "présente des manques préoccupants".

Première pique : "L'avant-projet ne présente à ce stade aucune vision prospective à 20 ans. Avant de répondre à la demande présumée de mobilité (voyageurs et marchandises) par des infrastructures nouvelles et/ou la régénération des réseaux, il est indispensable de quantifier raisonnablement cette future demande mobilité. Très concrètement, les études de déplacements et de trafics doivent être associées au projet", écrit TDIE dans un communiqué du 9 juin 2011.
"Par ailleurs, le potentiel de développement des trafics ferroviaires de fret et des TER lié à la création de lignes nouvelles doit être estimé", ajoute le laboratoire d'idées coprésidé par Louis Nègre, sénateur UMP des Alpes- Maritimes et Philippe Duron, député-maire PS de Caen.


"Prisonnier de l'existant"

"A quoi sert une Ligne à grande vitesse (LGV) aujourd'hui", interroge TDIE qui estime que "le Snit ne définit pas les critères généraux indispensables pour arbitrer entre les différents projets, les classer et déterminer les priorités stratégiques.
Comme Hervé Mariton l'avait souligné fin mai 2011 dans son rapport, "il faut prioriser les projets (...) en assumant, par exemple la prise en charge des déficits d'exploitation prévisibles".

Pour TDIE, "le Snit est trop prisonnier des offres de mobilité existantes" au lieu de recourir à "une offre intermédiaire entre les actuels Corails et les LGV, et entre les routes classiques et les autoroutes concédées".

Enfin, tout en fournissant des chiffres aussi précis que possible sur les coûts des projets inscrits au Snit, celui-ci occulte totalement la question cruciale du financement, estime l'association.

Nathalie Arensonas