Avec plus de 113.000 contributions collectées entre septembre et novembre 2017, le premier baromètre des villes cyclables initié par la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) a trouvé son public ! "Cette enquête sur le vélo constitue la plus large contribution citoyenne aux assises de la mobilité", souligne la FUB dans un communiqué qui a baptisé sa démarche "Parlons vélo".
 
La Fédération a dévoilé les premiers résultats de cette enquête le 5 décembre 2017 avant une restitution complète programmée le 16 mars 2018, lors de son congrès à Lyon. Il apparaît que les freins à la pratique du vélo sont d'abord liés à la sécurité des cyclistes et des bicyclettes.

Un manque d'aménagements cyclables
 
En effet, 41% des non cyclistes (8% des répondants) expliquent qu'ils ne sentent pas en sécurité à vélo, ils sont autant à estimer qu'il n'y a pas suffisamment d'aménagements cyclables et 19% qu'il a trop de véhicules motorisés. C'est sans doute la raison pour laquelle 80% des répondants estiment qu'à vélo, il est important d'être séparé du trafic motorisé.
 
La FUB demande ainsi à l'État de lancer un appel à projets financé pour des territoires pilotes "100% cyclables" de tailles variés qui serviront d’inspiration aux autres. Cela permettrait, selon la Fédération, d’établir en moins de cinq ans un référentiel français qui tienne compte des spécificités héritées de notre géographie et de notre histoire. La FUB préconise également de rendre systématique l'apprentissage de la mobilité à vélo dans le cadre de l'école primaire.

Pour des stationnements sécurisés
 
S'agissant de la sécurité des vélos, 20% seulement des répondants trouvent qu'il est facile de stationner son vélo en sécurité près des gares ou des stations de transport en commun. Et 92% estiment que les vols de vélos sont fréquents et craignent pour leur sécurité.
 
La FUB demande ainsi à l'État la mise en place d'un plan de stationnement intermodal sécurisé et de lutte contre le vol de vélos. Car, parmi les freins à la pratique du vélo, 23% des répondants disent habiter trop loin de leur lieu de travail/études. La FUB préconise ainsi la création de 200.000 stationnements vélo dans l’ensemble des gares pour un coût d’environ 200 millions d’euros.

"C’est à cette condition que la France pourra espérer un report modal massif au delà des cœurs d’agglomération", explique la Fédération. Cela "suffirait pour engendrer une croissance du trafic TER comprise entre 2 et 4%. En effet, pour 50 places créées, on observe 6 à 12 nouveaux passagers réguliers".

Un fonds vélo financé par la voiture
 
Plus largement, la Fédération a fait
26 propositions dans son cahier d'acteurs remis à l'occasion des assises nationales de la mobilité. La FUB propose la création d'une délégation interministérielle à l'usage de la marche et du vélo, et la création d’un fonds vélo d’au moins 200 millions d’euros par an, qui servira à financer les mesures proposées dans son document.
 
Comment abonder ce fonds ? La FUB propose trois sources de financement : une contribution financière et publicitaire des marques automobiles (budget des annonceurs automobiles : 2,2 milliards d’euros/an). Cette contribution permettrait d’abonder un fonds de travaux publics spécialement dédié aux modes actifs. La FUB envisage également une contribution volontaire des collectivités territoriales (pour les territoires périphériques moins bien dotés), et celle de la Sécurité sociale, mettant en avant les bénéfices pour la santé de la pratique du vélo.
 
"Le développement du vélo ne se fera pas grâce à une seule mesure phare, mais en actionnant de nombreux leviers de manière séquencée et planifiée, souligne la FUB dans son cahier d'acteurs. Le manque d’un seul élément (comme l’apprentissage de la mobilité à vélo, un stationnement adéquat, les services associés) risque de réduire fortement l’effet des autres politiques mises en place."
 
Florence Guernalec
 
 
Les cinq axes prioritaires selon la FUB
 
• L’appel à projet "territoires pilotes" ;
• La résorption des coupures urbaines ;
• La mise en place massive et systématique de stationnements vélo dans les gares ;
• Le financement du Schéma National des Véloroutes et Voies Vertes (SN3V) ;
• Un grand plan de communication.