Rebelote à Montparnasse. Cette fois-ci la pression est sur les épaules de Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau. Il était convoqué lundi 4 décembre 2017 au matin par la ministre des Transports Elisabeth Borne qui dans un communiqué diffusé la veille avait jugé la situation "inacceptable".
 
Patrick Jeantet en première ligne

La raison du courroux ministériel ? La nouvelle panne générale qui a pénalisé les clients et usagers de la SNCF utilisant le réseau de Montparnasse. Le patron du gestionnaire du réseau serait le seul comptable des problèmes, contrairement à son homologue de SNCF Mobilités, Guillaume Pepy qui semble hors de cause.
 
En tout cas, ce dernier était absent médiatiquement de cette séquence pénible pour le groupe SNCF. Un silence remarqué : "Panne gigantesque sur le réseau SNCF vers et depuis la gare Montparnasse, des milliers de Français bloqués : l'étonnant silence du PDG Guillaume Pepy",  constatait la députée socialiste Valérie Rabault sur Twitter.
 
Une organisation des travaux à revoir
 
Que s'est-il passé ? La panne a été causée, a expliqué la SNCF, par un "bug informatique" lors de la mise en service ce week-end d'un nouveau système permettant d'augmenter le nombre de TGV au départ de Montparnasse. Elle a empêché la reprise de la circulation de tous les trains prévus après l'interruption du trafic qui avait été programmée entre samedi 20h00 et dimanche 12h00. Une "perte de télécommande des installations de sécurité" n'a pas permis de "faire les itinéraires nécessaires et l'ouverture des signaux" a précisé l'entreprise publique.
 
Tirant les leçons de cet incident, Elisabeth Borne a demandé à Patrick Jeantet de lui présenter d’ici à la fin de la semaine une nouvelle organisation et un nouveau management de la gestion des grands travaux et de l’ingénierie, qui permette de fiabiliser la réalisation de ces programmes de travaux et la reprise des circulations. Parallèlement, SNCF Réseau lance immédiatement un audit de ses programmes de tests et de remise en service à la fin des grands chantiers.
 
Enfin, la ministre des Transports a demandé aux dirigeants de la SNCF d'accélérer la mise en œuvre du programme Rob.in, visant à apporter des améliorations dans sa robustesse ferroviaire et l'information voyageurs.

Quoiqu'il en soit, ce nouveau ratage souligne à quel point la SNCF doit revoir ses fondamentaux. Un travail qu'elle a engagé avant l'été et renforcé depuis, mais qui met du temps à porter ses fruits. En tout cas, Rob.in est suivi de très près par Elisabeth Borne.

Marc Fressoz