Alors que la préfecture de Police de Paris a définitivement autorisé la fermeture des voies sur berges rive droite en juin 2017 entre le tunnel des Tuileries au tunnel Henri-IV, le rapport définitif du Comité régional d'évaluation de la fermeture des voies sur berges parisiennes, qui  couvre une année entière d'observation, vient relancer le débat.

Une absence d'évaporation du trafic

La mairie de Paris a décidé la fermeture sur 3,3 kilomètres de ces voies sur berges en septembre 2016 pour lutter contre la pollution de l'air. Le Comité d'évaluation, qui compte notamment en son sein AirParif, BruitParif et l'Observatoire régional de santé d'Île-de-France, explique dans ses conclusions que "la pollution s'est, pour l'essentiel, simplement déplacée" : "L'absence d'impact positif sur la qualité de l'air est directement lié à l'augmentation du niveau de congestion du trafic".


Le Comité, mis en place par la présidente de la Région Valérie Pécresse en septembre 2016, n'a constaté "aucun phénomène d'évaporation du trafic" un an après la mise en place de la mesure, alors que la mairie de Paris comptait sur un report modal.

"Le niveau de circulation dans Paris n’a pratiquement pas varié par rapport à son évolution tendancielle connue, on a même pu observer en début de période un ralentissement du rythme annuel de diminution du trafic parisien tel qu’observé depuis 15 ans", explique le Comité présidé par le professeur Pierre Carli.

Les bus aussi impactés


"Localement, les riverains des axes de report du trafic ont été impactés négativement en termes de bruit et d’émissions", constate le Comité. En particulier, le niveau de bruit au niveau des façades sur les quais hauts a fortement augmenté, allant jusqu'à un doublement de l'énergie sonore la nuit (+2 à 4 dB).
 
Enfin, les transports publics n'ont pas été épargnés : "Les temps de parcours des bus (environ 25 lignes concernées) ont été impactés de manière significative dans leur traversée du secteur, en raison notamment de la congestion des carrefours, mais cela n’a pas affecté leur fréquentation qui a légèrement augmenté (+ 0,5 % de validations sur les stations du secteur)".

"L’allongement des temps de parcours a été le plus fort pour les lignes qui empruntent les quais hauts. La période la plus impactée se situe entre 17h et 18h dans le sens ouest vers est avec un allongement moyen de 3 minutes 30 secondes".

Des mesures correctrices réclamées
 
Ainsi, les élus LR du conseil de Paris estiment que la maire de Paris "doit d'urgence prendre les mesures correctrices qui s'imposent pour réduire l'exposition des Parisiens au bruit et à la pollution" et demandent que le comité de suivi associant élus, préfecture de police, Région, BruitParif et AirParif soit réuni au plus vite.
 
Ce rapport "dévoile des données qui en fait sont déjà publiques tout en les commentant de façon caricaturale", a réagi la Ville de Paris, jugeant "dommageable" que la Région "se mobilise encore et toujours contre la piétonnisation de 3,3 kilomètres de la Voie Georges Pompidou via un comité parallèle au véritable comité de suivi présidé par le Préfet de Police".
 
F.G. (avec AFP)