"Ces six premiers mois ont été marqués par la bonne exécution de nos différents projets qui se traduit par des résultats opérationnels solides et en ligne avec nos objectifs 2020", explique le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, dans un communiqué. Ces objectifs misent sur une croissance organique de 5% par an et une marge d'exploitation à 7% (contre 6,2% ce semestre) à l'horizon 2020.

Un carnet de commandes en léger reflux
 
Le chiffre d'affaires du premier semestre de l'exercice décalé 2017-2018 (du 1er avril au 30 septembre 2017) enregistre une hausse de 5%, et s'établit à 3,7 milliards d'euros. Le résultat net d'Alstom s'établit à 213 millions d'euros au premier semestre 2017-2018, soit une hausse de 66% par l'année précédente.
 
Cependant, le niveau de commandes s'établit à 3,17 milliards d'euros au cours du premier semestre 2017-2018 contre 6,21 milliards à la même période l'année dernière qui incluait plusieurs gros contrats dont la nouvelle génération de
trains à grande vitesse avec Amtrak aux États-Unis et l’extension de la ligne rouge du métro de Dubaï avec RTA aux Emirats Arabes Unis.
 
Ce semestre, Alstom a signé des contrats dans l’ensemble des régions, dont deux contrats au Canada pour
près de 100 véhicules légers sur rail, un premier contrat de système de métro au Vietnam, un contrat de système de métro aux Philippines, des contrats pour la fourniture de trains régionaux en Italie, au Sénégal et en Allemagne, un contrat de maintenance en Suède, ainsi qu’un projet de modernisation de flotte aux États-Unis. Au 30 septembre 2017, le carnet de commandes s'établit à 32,7 milliards d'euros (-2%).

Une activité systèmes en forte progression
 
"Les activités de signalisation, systèmes et services représentaient 57% du chiffre d'affaires au premier semestre 2017-18, en ligne avec l'objectif de 60% en 2020", détaille Alstom dans un communiqué. "Le chiffre d’affaires de l’activité systèmes a fortement progressé [près de 60%], soutenue par l’avancement des projets de métros de Dubaï et de
Riyad", précise son PDG, tandis que les  activités signalisation et services ont légèrement diminué, impactées par un effet de change défavorable au Royaume-Uni, ainsi que la fin progressive de certains projets.
 
L’activité matériel roulant est restée stable à 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires avec notamment les livraisons de trains régionaux et à grande vitesse en Europe, le début du projet Amtrak aux États-Unis, l’exécution en cours du
projet PRASA en Afrique du Sud et des livraisons de tramways en Algérie.

Bouygues à 28%
 
Alstom a maintenu son niveau de recherche et développement (dépenses brutes) à 101 millions d’euros, soit 2,7% du chiffre d’affaires, au cours du premier semestre de l’année fiscale 2017-2018. Le groupe indique que les principaux programmes portent sur le renouvellement des gammes de matériels roulants, la signalisation et la maintenance prédictive. Alstom a présenté, au mois d'avril 2017, plusieurs technologies pour une mobilité plus intelligente, telles que
Mastria, la première solution de supervision multimodale.
 
Comme prévu, l’État Français n’a pas exercé les options d’achat dont il bénéficiait sur les titres Alstom détenus par Bouygues et a procédé, le 17 octobre 2017, à leur restitution. Le groupe français détient ainsi 28,15% du capital et 28,9 % des droits de vote de l'entreprise.

F.G.
 
 
Suite du "mariage entre égaux" avec Siemens
 
"A ce stade, les discussions avec les instances représentatives du personnel se poursuivent et les équipes de mise en oeuvre de la transaction sont opérationnelles", a précisé dans un communiqué le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, qui prendra la tête du futur Siemens-Alstom.

Une "
fusion entre égaux", a assuré Siemens, qui y sera pourtant majoritaire, ce qui crée des inquiétudes que les garanties données sur l'emploi pour une période de quatre ans n'ont pas suffi à apaiser. Les quatre syndicats représentatifs d'Alstom ont d'ailleurs appelé à une journée de grève le 30 novembre, avec un rassemblement devant le ministère de l'Économie à Paris, pour la préservation de tous les sites français et de tous les emplois du constructeur ferroviaire.

AFP