Venus du Val-d'Oise, de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne, sénateurs, maires et conseillers départementaux, ceints de leur écharpe tricolore, ont manifesté à distance des bureaux du Premier ministre. La présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse participait à ce rassemblement témoignant d'un "consensus politique sur la nécessité de maintenir les lignes 16 et 17 dans les arbitrages qui seront rendus" prochainement, a déclaré à l'AFP le maire PS de Gonesse (Val-d'Oise), Jean-Pierre Blazy.

Depuis plusieurs semaines, des rumeurs bruissent quant à un possible abandon du tracé de certaines lignes du Grand Paris Express en raison du surcoût du chantier. Ce surcoût pourrait compromettre l'engagement de la France de ramener son déficit sous les 3% du PIB. "Lundi, le préfet de région Michel Cadiot m'a dit sans détour que, dans le rapport qu'il vient de rendre au gouvernement, il préconise le report de la ligne 17", en particulier le tronçon nord devant relier Le Bourget à l'aéroport de Roissy, a expliqué l'élu.

Contre la fracture territoriale

"Mais, pour nous les élus qui sommes instruits par l'expérience, ce report équivaut à un enterrement de première classe", a ajouté M. Blazy. "On ne peut pas pleurer sans cesse sur le sort des habitants du nord-francilien, parler de relégation, de fracture territoriale et, quand les projets arrivent à maturité, dire qu'on va les décaler", a fustigé le maire de cette ville qui n'est desservie que par le RER D. L'élu du Val-d'Oise appelle Emmanuel Macron à "tenir ses engagements" de campagne, rappelant que le Grand Paris Express, lancé par Nicolas Sarkozy, avait été "confirmé" par François Hollande.

Lundi, les élus de l'agglomération Plaine Commune, en Seine-Saint-Denis, ont exprimé dans un communiqué leur "attachement au respect du calendrier initial" de réalisation de ces lignes. "Nous faisons chaque jour le constat d'une surcharge de toutes les lignes de transport qui fonctionnent en radiales vers Paris, d'un système obsolète qui contraint les usagers à transiter chaque jour par la capitale, alors que la majorité d'entre eux se déplacent de banlieue à banlieue", ont-ils écrit, critiquant également le projet concurrent du CDG Express, destinée à une clientèle d'affaires et touristique, qui reliera Paris à l'aéroport de Roissy en 20 minutes.

AFP