"Quelles sont les conditions dans lesquelles s'est réalisée cette fusion ? Quelle stratégie à long terme, pour l'industrie ferroviaire française, européenne ? Quelle stratégie industrielle de la France ?", s'interrogent les députés communistes dans un communiqué, estimant qu'une commission d'enquête "pourrait répondre" à ces questions.
 
Les députés communistes vont ainsi utiliser leur "droit de tirage" pour demander la création d'une commission d'enquête parlementaire. L'opération pose "de nombreuses questions", affirment les députés PCF, car c'est "un fleuron de l'industrie nationale et le coeur de la filière ferroviaire française
 
Les députés communistes expliquent également que la commission d'enquête souhaitée doit porter "sur les contre-propositions économiques et industrielles au service d'une filière stratégique pour la France et d'un large projet européen".
 
Les élus s'inquiètent en particulier des conséquences sociales de la fusion même si le "futur groupe Alstom-Siemens s'engage à ne pas fermer de sites ni à supprimer d'emplois pendant quatre ans". Ils craignent notamment pour les sous-traitants, alors qu'Alstom "fait travailler, avec ses 12 sites, plusieurs centaines de sous-traitants soit 32.800 salariés, sous-traitants inclus".
 
Plusieurs autres députés et groupes parlementaires avaient aussi plaidé la semaine dernière pour la mise en place d'une telle commission d'enquête, dont les élus de La France insoumise, la présidente du FN Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, tous deux non inscrits.

A ce jour, aucun autre groupe que les communistes n'a engagé la démarche.

F.G (avec AFP)
 

 
Bruno Le Maire envisage déjà de nouveaux mariages avec Bombardier et CAF
 
Interrogé par la commission des affaires économiques et celle des finances à l'Assemblée le 4 octobre 2017, Bruno Le Maire a une nouvelle fois défendu le projet de "mariage" entre Alstom et Siemens. "

Le rôle de l'État, c'est de veiller aux engagements de Siemens et d'avoir des commandes publiques qui, elles, sont importantes. Quitte à dépenser 2 ou 3 milliards d'euros, je préfère que ce soit dans des commandes publiques plutôt que dans des strapontins dans des conseils d'administrations"
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Le ministre de l'Économie et des Finances, a ainsi répondu à ceux qui souhaitaient que l'État reste au capital d'Alstom. "Faire monter l'État au capital d'Alstom pour, mettons, 15 %, c'est donner à l'État un strapontin pour observer des décisions auxquelles il ne participera pas."


Une recomposition rapide du paysage

Selon lui, Siemens ne voulait pas de l'État au capital. "L'opération n'aurait pas eu lieu si l'État avait exercé ses options d'achat sur les titres d'Alstom, assure le ministre. Dans ce cas, Siemens se serait tourné vers l'autre option qu'il avait sur la table, qui est celle de Bombardier."

"Je suis convaincu que cette consolidation intégrera le moment venu et Bombardier et le constructeur espagnol" CAF, a affirmé le ministre de l'Économie et des Finances. "Nous aurons une recomposition industrielle dans tous les secteurs qui sera beaucoup plus rapide que ce que tout nous pensons."