On risque de l’appeler "la virgule ensablée"… Depuis le 29 septembre 2017,  la "virgule" de Sablé, ce raccordement unique en France qui permet à des TER d’emprunter momentanément une LGV à 200 km/h, est fermée à la circulation ferroviaire pour quelques jours.

"Un défaut d'origine #électrique empêche la circulation des trains entre #Sablé et #Laval. Des solutions sont mises en place", a annoncé laconiquement SNCF Mobilités sur le compte twitter des TER des Pays de la Loire. Elle espère rétablir le circulation la semaine prochaine après des interventions sur la voie.
 
Une "virgule" pourtant toute neuve

Conséquence, les cinq TER quotidiens que la région des Pays de la Loire se réjouissait en juillet d’avoir mis en service des liaisons sans correspondance entre Nantes et Rennes via Angers, Sablé et Laval, sont suspendus.  A la place, les voyageurs doivent repasser par Le Mans ou trouver une autre solution.

En fait, derrière ce défaut électrique se cache un problème de déshuntage qui met en cause la sécurité des voyageurs. En raison d’un mauvais contact entre la roue des TER et la voie, le train ne se signale plus. Un comble dans la mesure où cette "virgule" de 3,6 kilomètres est une infrastructure nouvelle. En effet, elle fait partie intégrante de la LGV Le Mans-Rennes mise en service début juillet 2017 via un contrat de partenariat passé entre SNCF Réseau et un consortium conduit par Eiffage.
 
Un matériel roulant scruté

C’est la CGT-cheminots des Pays de la Loire qui a levé le lièvre. "Le 17 septembre dernier, un TER 200km/h reliant Rennes à Nantes, a disparu des radars pendant 8 secondes (déshuntage) et seule la vigilance de l’agent circulation de Rennes a permis de constater cette grave anomalie", a révélé le syndicat dans un communiqué publié le 29 septembre.

Il explique que durant douze jours, OPERE, la filiale d’Eiffage  – constructeur, propriétaire et exploitant de la voie –, et le groupe SNCF ont mené en vain des investigations pour "en déterminer la ou les causes". D’où la décision de suspendre toute circulation.

Le problème de communication pourrait venir du matériel roulant utilisé, des rames électriques Z21700 dérivées des X72500 datant des années 2000. L’ennui, c’est que seules ces rames sont habilitées à circuler sur la "virgule".

Une facture à payer

La SNCF n'en est pas à sa première contrariété avec le déshuntage, mais ce problème se concentrait surtout sur la séries de TER de type X73500 contemporain des 21700.

En fonction de l'origine du dysfonctionnement, reste à savoir de Mobilités, Réseau et d'Eiffage Rail Express, à qui reviendra la facture finale du préjudice subi par le conseil régional des Pays de la Loire qui finance le fonctionnement des TER ? C'est le cas d'école posé par les partenariats publics-privés.

Marc Fressoz