Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a indiqué qu'il prendrait la direction du futur "comité national de suivi" des engagements de Siemens vis-à-vis d'Alstom. "Je le dirigerai moi-même, avec des représentants des salariés et des entreprises. Je pense que c'est une garantie forte pour les salariés que de savoir que le ministre de l'Économie s'engage personnellement à suivre les engagement pris par Siemens vis-à-vis de l'emploi, du développement de l'emploi et des sites en France", a déclaré M. Le Maire lors d'une visite sur le site d'Alstom à Valenciennes.

"Je prends mes responsabilités parce que je crois à cette fusion. Je crois qu'elle est bonne pour le pays, bonne pour la France", a ajouté le ministre de l'Économie devant la presse. Il a dit aussi qu'il allait "demander au prochain gouvernement allemand de mettre en place un représentant de haut niveau pour veiller aux engagements de Siemens vis à vis de la France".

Ce projet de fusion présente des "garanties sérieuses", solides", a-t-il dit : "aucune suppression d'emplois en France, aucune fermeture de site en France, un directeur exécutif qui restera M. Poupart-Lafarge, qui a fait un travail remarquable sur Alstom, une cotation qui aura lieu à Paris".

"Un géant chinois (CRRC), qui n'existait pas en 2000, et qui aujourd'hui est devenu le premier acteur ferroviaire mondial et qui prend des parts de marché partout. Nous, européens, nous devons réagir, nous unir", a-t-il encore affirmé. "Il vaut mieux être dans la motrice de tête que dans le wagon de queue. Si l'alliance avait été celle de Siemens et Bombardier, on allait être dans le wagon de queue", a encore lancé le ministre. Il a moqué les "vieilles solutions qui ne marchent pas" comme la "nationalisation" d'Alstom.

"Alstom est fort. Et cette fusion avec Siemens rendra Alstom encore plus fort, ainsi que l'industrie ferroviaire européenne autour de ce nouvel ensemble", a-t-il dit.
 
La veille, Bruno Le Maire avait indiqué sur  BFM-TV que Paris détient en outre "un moyen de contrôle qui est beaucoup plus important que d'avoir 5, 10, ou 15% au capital du nouvel ensemble. Ce sont les commandes de l'État. Nous sommes un client majeur de Siemens-Alstom", a t-il souligné. "Ce n'est pas une menace (mais) une garantie pour les salariés (et) pour les sites".
 
AFP