L'État français est actuellement actionnaire d'Alstom via des actions (représentant 20% du capital) prêtées par le groupe diversifié Bouygues, mais il a prévu de mettre fin à ce prêt et ne pas exercer l'option d'achat dont il disposait jusqu'au 17 octobre 2017. Il ne sera donc pas présent au conseil d'administration du futur ensemble Siemens Alstom.

"L'État n'a pas vocation à être assis sur un strapontin dans les conseils d'administration (...) sans pouvoir intervenir", a souligné Bruno Le Maire lors d'un point presse à Bercy, promettant que l'État garderait des moyens d'actions, notamment via la commande publique.

Le ministre a balayé les critiques concernant cette opération, notamment celles venues du monde politique. M. Le Maire a assuré avoir "obtenu des garanties qui sont des garanties  solides", citant le maintien de tous les sites de production Alstom en France et le fait que l'actuel PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge, restera à la tête de la nouvelle entité.

"C'est l'Allemagne qui rachète la France et Monsieur Macron nous brade", avait notamment réagi Laurent Wauquiez, vice-président de LR. De l'autre bord, les élus Front de gauche d'Île-de-France Mobilités - l'entité chargée des transports dans la région - avaient balayé les comparaisons avec l'avionneur Airbus, faute de "contrôle public".

Cela n'a pas empêché M. Le Maire de reprendre mercredi à son compte les comparaisons avec Airbus. Il a également rappelé que Siemens avait mené des négociations avec le canadien Bombardier, autre géant du ferroviaire. "Que n'aurait-on pas dit si un accord (était) conclu entre Bombardier et Siemens ?", a-t-il dit. "Nous aurions été fragilisés."

"Libre à certains de regarder le monde d'hier. Nous, nous regardons le monde de demain", a-t-il insisté. "L'union industrielle fera la force industrielle de la France et de l'Europe."

AFP