"Je suis fortement préoccupé de l'avenir de nos 280 salariés Vélib', dédiés à cette activité vélo en libre-service au sein du groupe", a déclaré Thierry Raulin, DRH du groupe JCDecaux à l'AFP le 22 septembre 2017.
 
Une déclaration qui intervient quatre jours après l'annonce de Smoovengo "d'étudier en priorité" les candidatures des salariés de Cyclocity qui exploite le Vélib'. Le consortium mené par Smoove a remporté le marché du vélo en libre-service pour une durée de 15 ans à partir du 1er janvier 2018 et annoncé l'embauche de plus de 300 salariés en CDI dès le mois d'octobre 2017.
 
Si Smoovengo assure, dans un communiqué daté du 18 septembre 2017, que les salariés seront repris à "des conditions salariales équivalentes à celles qu'ils ont aujourd'hui chez Cyclocity", les employés réclament toujours des assurances.
 
"Cela ne veut pas dire qu'il nous reprend d'office avec nos acquis, comme les primes d'ancienneté et autres, comme nous le demandons depuis le début", a indiqué à l'AFP Bambo Cissokho, secrétaire du comité d'entreprise de Cyclocity.

Une action en justice devant le TGI
 
Ainsi, les salariés et leur avocat ont annoncé, le 19 septembre 2017, qu'ils attaquaient en justice JCDecaux et Smovengo, afin d'obtenir un transfert de leurs contrats de travail "aux mêmes conditions".

Formellement au nom du CHSCT et du CE de Cyclocity, et soutenus par la CGT et Sud-Commerce, les 315 salariés de Vélib' demandent l'application de l'article L1224-1 du Code du travail qui stipule l'obligation de ce transfert, a indiqué à l'AFP leur avocat Arthur Bouchat. L'audience aura lieu le 3 octobre devant le TGI de Nanterre, à 13h30, a-t-il précisé.
 
"A ce jour, nous sommes toujours dans l'incertitude, nous n'avons aucune garantie ni de reprise de Smovengo ni de reclassement par JCDecaux", qui ne propose que des postes en province, dit-il.

Si Smovengo "compte mettre en oeuvre le transfert des contrats de travail, qu'ils le disent tout de suite", a indiqué Me Bouchat, sinon ce communiqué de presse "n'a pas de valeur". Interrogé par l'AFP, le groupement Smovengo n'a "pas souhaité réagir".

Un JCDecaux offensif
 
"Cela me paraît totalement indécent qu'on puisse imaginer que des collaborateurs qui ont démontré leur savoir-faire ne puissent pas conserver les avantages sociaux dont ils ont bénéficié et qui ont été octroyés à travers des accords d'entreprise", a souligné Thierry Raulin de JCDecaux qui avait parlé de "dumping social" lors de l'annonce des résultats de l'appel d'offres.

Ces salariés "sont formés, qualifiés, expérimentés, et tout à fait motivés pour prolonger l'aventure", et "il n'y a pas de problème d'effectifs, il n'y a pas de problème de métier, (...) je ne comprends pas en quoi les salariés seraient un problème alors que c'est la solution", a encore indiqué Thierry Raulin.
 
Or, s'agissant d'un contrat de concession, Smoovengo n'a pas l'obligation légale de reprendre les salariés. Le syndicat Autolib' Vélib' Métropole, qui a attribué le marché au consortium, reste étrangement muet sur cette question sociale.
 
F.G. (avec AFP)