"Je pense que les JO vont permettre de débloquer un certain nombre d’infrastructures ferroviaires." Le directeur général de SNCF Immobilier Benoît Quignon se réjouit de l’effet positif que les Jeux olympiques de Paris en 2024 devraient avoir sur l’activité en Île-de-France du groupe SNCF, deuxième propriétaire foncier de France (8,5 millions de m2).
 
Une accélération des projets ferroviaires

Pour commencer, "nous allons être très sollicités notamment sur les aspects logistiques parce que nous disposons d’un certain nombre de surfaces qui permettront de stocker des bus et du matériel pendant les Jeux", a-t-il expliqué, le 21 septembre 2017, lors d’une conférence de presse où il a présenté le bilan annuel de l’activité de sa branche dont la direction est logée dans l’EPIC de tête.

Plus directement, la marche vers les JO devrait, selon lui, accélérer certains projets ferroviaires en activant le levier foncier. Benoît Quignon cite la transformation de la Gare du Nord, un chantier "où nous avons besoin de foncier supplémentaire"

Autre réalisation majeure, CDG Express "qui va aller au bout". "La question n’est pas de savoir si ce projet se fera, mais quand il se fera, pour paraphraser Augustin de Romanet le PDG d’Aéroport de Paris", estime Benoît Quignon. L’effet olympique est attendu pour donner de l’impulsion sur des aspects fastidieux comme les opérations de remembrements. "Nous allons bientôt mettre à disposition une parcelle de 5,5 hectares remembrés qui serviront au remisage des rames en Gare de l’Est."
 
Et un Grand Paris Express étalé ?
 
Le patron de l’immobilier espère aussi que les années à venir auront un effet positif pour renforcer les infrastructures de type RER notamment à Villeneuve-Saint-Georges.

Mais y aura-t-il assez d’argent pour tous les projets dont certains sont menacés par un dérapage de la facture comme le Grand Paris Express (GPE) ?  Si la SNCF n’est pas le pilote de la construction du super métro, apanage de la Société du Grand Paris (SGP), elle est partie prenante lorsque les futures gares du Grand Paris se greffent sur les gares SNCF existantes. "Je ne suis pas certain que les interconnexions soient source de dérapages", estime-t-il.
 
Benoît Quignon a relativisé l’émoi suscité par l'explosion des coûts du GPE. Toutefois, cela pourrait, selon lui, entraîner un étalement du projet dans le temps. A ses yeux, ce dérapage financier est sans doute lié au fait "que la consommation de ressources connaît une montée en puissance spectaculaire en raison du fait que les travaux sont pleinement engagés".
 
234 millions d'euros de vente en 2016

De manière plus générale, la branche Immobilier – qui englobe aussi les 100.000 logements d'ICF – poursuit son effort de valorisation de son parc foncier pour réduire ses coûts et dégager des ressources. Dans le contrat de performance État-SNCF (2017-2026), l’immobilier constitue un des leviers de productivité.

En 2016, SNCF Immobilier a ainsi touché 234 millions d'euros de produits de ventes. L'entreprise poursuit, à marche forcée, ses efforts de rationalisation en utilisant moins de surfaces.  "Ce sont des centaines de millions d'euros, de fonds de roulement économisés et de matériel récupéré, avec ensuite une gestion beaucoup plus centralisée et rigoureuse de l'approvisionnement des chantiers", souligne Benoît Quignon.
 
Une optimisation des technicentres

Plusieurs programmes ont trait au cœur de l’activité ferroviaire à travers la modernisation de plusieurs ateliers d’entretien du matériel destiné à SNCF Mobilités. A Rennes, un  nouveau technicentre, qui centralise différents anciens ateliers, a été récemment livré. A Romilly-sur-Seine (Aube), un site de 6 hectares accueillera un nouvel atelier du futur 4.0. La promesse de vente portant sur le terrain a été signée en mai 2017.

La branche de la SNCF a également obtenu, en août 2017, le permis de construire pour un nouveau technicentre à Lyon Vénissieux, sur un ancien terrain de Renault Trucks. Il remplacera, en 2019, l'actuelle usine d'Oullins sur seulement 33.000 m2 et sera consacré à la réparation et à l'entretien de moteur et équipements électriques. "Il sera également ouvert à des concurrents extérieurs", précise la SNCF.

SNCF Réseau n'est pas oublié. La branche immobilier lui prépare à Pagny-sur-Moselle (54) un nouvel établissement pour assurer l’entretien et la maintenance de la ligne à grande vitesse Est Européenne. La livraison est prévue en juin 2018.

Par ailleurs, SNCF Immobilier poursuit son recentrage sur Saint-Denis au grand dam d'une bonne part des salariés du groupe qui travaillaient encore à Paris. L’entreprise va reprendre une partie de l’immeuble qu’occupait SFR pour accueillir "de 3.000 à 3.500 postes supplémentaires sur 40 000 m²", a annoncé Benoît Quignon. Y seront logés notamment le personnel de la direction Transilien qui occupe actuellement l’ancien siège de Montparnasse dont la SNCF était devenue locataire.

Marc Fressoz