"Cette mobilisation collective doit (...) nous permettre d’offrir rapidement à nos concitoyens des améliorations concrètes dans leur vie quotidienne", a déclaré la ministre des Transports Elisabeth Borne, lors du lancement des assises nationales de la mobilité le 19 septembre 2017 à Paris.
 
Trente-cinq après la loi d'orientation des transports intérieurs (Loti), "les besoins et les attentes des Français en 2017 ne sont plus ceux de 1982", a expliqué la ministre dans
son discours. L'objectif des assises durant ces trois mois est de nourrir la future loi d'orientation des mobilités qui doit être présentée au Parlement au premier semestre 2018.
 
Elisabeth Borne a insisté sur la nécessité de "mettre à jour nos politiques de transport". Celle-ci a cité le travail déjà réalisé par le think tank TDIE avant les élections présidentielles et lors des États généraux de la mobilité durable conduits par l'UTP et ses partenaires (1). Une réflexion rassemblant déjà les parties prenantes qui a conduit au cahier de doléances
"70 propositions pour la mobilité de tous les Français".
 
De l'État providence à l'État modeste
 
 Dans cette "révolution des mobilités" appelée par le gouvernement, les plus grands changements à venir portent sur le rôle de l'État. "Après avoir été un bâtisseur, l’État doit devenir de plus en plus un architecte, un régulateur, un soutien à toutes les initiatives, venant des territoires comme des acteurs publics et privés", a expliqué la ministre.
 
Dans
son discours d'ouverture, le Premier ministre a aussi insisté sur ce changement de paradigme : "... l’époque d’une approche verticale, centralisatrice de la politique des transports est, reconnaissons-le, un peu derrière nous. Parce qu’aujourd’hui, pour faire des bons transports, des transports qui rendent service aux gens, (...) il faut associer les bonnes personnes, qui sont un peu plus nombreuses qu’auparavant, un peu plus diversifiées aussi. Il faut aussi y associer les bons métiers".
 
Le "défi de la sincérité"
 
La révolution des mobilités passe également par un État qui ne fait plus de promesses non financées. C'est ce qu'Edouard Philippe a appelé le "défi de la sincérité" : "Avec le Président de la République, nous avons fait le choix (...) de la sincérité : sincérité des promesses, sincérité des financements, sincérité des intentions, sincérité des objectifs".
 
Ainsi, le Premier ministre a annoncé la création d'un conseil d'orientation des infrastructures présidé par Philippe Duron qui sera chargé de définir les investissements prioritaires et, surtout, de proposer une programmation du financement des infrastructures pour l'entretien du réseau et les nouveaux projets. En clair, il faudra trouver un équilibre entre les recettes et les dépenses. Et donc sans doute trouver de nouvelles ressources...
 
L'ambition de "structurer l'espace France"
 
Enfin, le gouvernement a décidé de traiter en dehors des assises nationales de la mobilité, la question du modèle économique ferroviaire. "Dans un monde qui s’ouvrira de manière progressive et maîtrisée à la concurrence, nous devons réfléchir aux moyens d’assurer la stabilité et la compétitivité de ce secteur clef",  a déclaré Edouard Philippe lors de son discours. L'objectif est de "doter l'État d'une stratégie claire pour renforcer ses transports ferroviaires", a-t-il précisé. L'exécutif a confié à
l'ex-PDG d'Air France, Jean-Cyril Spinetta, la tâche de "proposer les conditions d'une transformation réussie du secteur ferroviaire" durant le premier trimestre 2018.
 
Mais si l'État est modeste, ses ambitions sont intactes à l'image de "l'objectif à atteindre" défini par le Premier ministre : "La révolution que je vous propose d’engager est celle d’un transport disponible, accessible, multiforme, multiprix aussi, souple, rapide, économe. Une révolution quotidienne du quotidien qui va permettre, à sa façon, avec ses outils, ses infrastructures, d’améliorer la vie, le confort de millions de Français. Et, ce faisant, de  structurer l’espace France : ses villes bien sûr, mais aussi ses périphéries et ses zones rurales".
 
Florence Guernalec

(1) Les six partenaires des États généraux de la mobilité durable : Fnaut, FNTV, Gart, Régions de France, TDIE et UTP.
 
 
Le dispositif des assises nationales de la mobilité

- Des ateliers thématiques destinés à répondre aux besoins de mobilité du quotidien qui réunissent élus, experts, entreprises, administrations, acteurs de la mobilité, ONG, syndicats, etc. : environnement ; numérique ; fractures sociales et territoriales ; intermodalité ; sécurité et sûreté ; gouvernance et financement.
 
- Des ateliers territoriaux organisés sous la forme d'une quinzaine de réunions publiques ouvertes à tous dans des lieux représentatifs de la diversité des territoires.


- Des ateliers de l'innovation pour donner la parole à tous ceux qui développent des nouvelles solutions de mobilité.

- Un conseil d'orientation des infrastructures pour préparer une future loi de programmation et de financement des infrastructures.

Ce conseil a vocation à perdurer au-delà de la future loi afin d'assurer le suivi de sa mise en œuvre.

- Une
plate-forme en ligne ouverte à tous (citoyens, entreprises, collectivités, associations, etc.) où chacun peut donner son avis et réagir aux propositions.

L'ensemble des parties prenantes est invité à rédiger des cahiers d'acteurs pour contribuer au débat, préciser des diagnostics ou formuler des propositions.