Les récentes déclarations sur l'avenir du tronçon Bordeaux-Toulouse, après l'inauguration de la branche Tours-Bordeaux de la ligne à grande vitesse, "avaient installé le sentiment que le dossier était fermé", a estimé Jean-Luc Moudenc, évoquant de récents propos du ministre Nicolas Hulot selon lesquels l'État et la SNCF n'ont "plus les moyens". La LGV mettrait Toulouse à 3h10 de Paris au lieu d'un minimum de 4h20 actuellement.

Le maire de la quatrième métropole de France a discuté du projet, le 5 septembre 2017, avec la ministre des Transports Elisabeth Borne, aux côtés de son homologue de Bordeaux Alain Juppé (LR) et des présidents de régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine, Carole Delga (PS) et Alain Rousset (PS).
 
Prendre modèle sur le Grand Paris

Les élus ont présenté "des propositions nouvelles de financement sur le modèle du Grand Paris", en intégrant "les difficultés financières" de l'État, a-t-il ajouté. "Fruit de deux mois de travail entre nos quatre collectivités", le nouveau projet de financement passe en particulier selon lui par l'affectation à la LGV d'une part de la taxe régionale sur les bureaux et de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE).
 
"Il faut transposer les solutions pour le projet du Grand Paris et qu'on les copie", a-t-il ajouté, soulignant qu'on avait fait à Paris 25 milliards d'investissements pour 10 millions d'habitants et ne jugeant en "rien scandaleux" d'en faire 10 milliards pour 12 millions d'habitants.

Les représentants des collectivités ont insisté sur "le paradoxe" de Toulouse, "l'agglomération qui crée le plus d'emplois en France et connaît la plus grande progression démographique", mais la seule à être "à l'écart du réseau à grande vitesse" et en dehors du "cercle des trois heures de Paris". Or la branche Bordeaux-Toulouse est celle qui "pèse le plus" dans le calcul de rentabilité socio-économique de l'ensemble de la ligne Tours-Bordeaux-Toulouse, "qui a toujours été présentée comme un tout", selon M. Moudenc.
 
Un montage financier à finaliser

"Tout reste à faire, rien n'est gagné mais rien n'est fermé", a rapporté l'édile, estimant que la ministre s'était montrée "très attentive et sensible" à leur "démarche de construction".

"L'État a décidé de créer des grandes métropoles et des nouvelles Régions", a poursuivi le maire de Toulouse, souhaitant "qu'on applique les méthodes qui jusqu'ici étaient réservées à Paris". "La ministre a jugé légitime cette vision décentralisée des choses", a estimé Jean-Luc Moudenc Moudenc.

Le groupe de travail devrait plancher dans les prochains mois, pour examiner des optimisations techniques et convenir d'un phasage et d'un financement du projet partagés.

F.G. (d'après AFP)