Le conseil d’administration  de la RATP, qui s’est réuni le 31 août 2017 sous l’égide de sa nouvelle PDG Catherine Guillouard, a arrêté ses résultats semestriels qui portent encore la pâte de la précédente patronne Elisabeth Borne

Sur le plan comptable, le groupe -- qui en Île-de-France est sous contrat avec Île-de-France Mobilités (ex-Stif) -- affiche un évident rétablissement de son résultat net. Il a bondi de 57 % à 132 millions  d'euros contre 87 millions lors du premier semestre 2016.

La capacité d’autofinancement s'est améliorée de 57 %. Le groupe qui a certes moins investi  -- l'an passé, il terminait des efforts importants sur l'achat de RER MI09 et de métros MF01 -- souligne sa maîtrise de l’endettement avec un gearing en baisse de 1,2 %. La dette nette était de 5,5 milliards d'euros à fin juin 2017 contre 5,4 milliards à fin juin 2016.

Mais pour tenir la feuille de route du projet stratégique arrêté par Elisabeth Borne --  7 milliards d'euros de CA en 2020 contre 5,54 milliards en 2016 -- Catherine Guillouard devra trouver les moyens de passer la vitesse supérieure. Car sur les six premiers mois 2017, l’EPIC et filiales (RATP Dev, Ixxi, Systra) ont manqué d'élan avec une toute petite hausse du chiffre d'affaires global : +1,1% soit 2,87 milliards d'euros, les filiales contribuant à hauteur de 20 %, soit 584 millions d'euros.

Trafic en légère hausse 

Pour ce qui est de l'EPIC, la tendance est étroitement liée au trafic qui a augmenté de 0,7%, soit 12 millions de voyageurs supplémentaires. L'essentiel de la croissance vient du réseau RER et tram. A l'instar des professionnels du tourisme en Île-de-France, la régie note aussi le retour des touristes sur son réseau. Les occasionnels reviennent aussi dans le métro.
 
Concernant les filiales, RATP Dev (+1 %) est en attente de différents contrats (voir encadré) et la contribution d'
Ixxi, qui a engrangé plusieurs succès (notamment avec Caen-la-Mer pour l'installation d'un SAEIV), devrait davantage se faire sentir dans les mois à venir. En revanche, Systra, filiale partagée avec la SNCF, affiche une baisse de son activité en raison de “reports de projets au Brésil, au Maghreb et au Royaume Uni“, explique la RATP. Cependant, l’ingénieriste bénéficie d'un carnet de commandes en hausse à 934 millions d'euros à mi-2017 contre 888 un an plus tôt.

Mauvais points pour les trains du quotidien

Mais les résultats de la RATP s'apprécient aussi par rapport au service offert aux voyageurs. Si le métro donne satisfaction (98,1 % de la production assurée), tout comme le réseau de bus (96,3% de l'offre effectuée, en recul de 0,5 point), en revanche, le groupe est loin d’avoir traité ses points noirs que sont les RER.

Le RER A affiche une ponctualité de 85,3%, en hausse de 0,6 point par rapport à la même période de 2016“, souligne néanmoins la RATP. Un petit mieux lié à l’expérimentation de chiens renifleurs qui a permis de diviser par trois le taux d’interruption du trafic lié à la découverte de colis suspects. Mais la RATP reconnaît des problèmes d'exploitation. “La mise en place d’une nouvelle grille horaire et la poursuite du déploiement du pilotage automatique sur le tronçon central devraient affermir cette tendance positive“, estime la RATP.
 
S'agissant du RER B, la ponctualité est, à nouveau, en chute à 86,7% (contre environ 90% au 1er semestre 2016), compte tenu d’incidents d’exploitation plus nombreux et de marges d’exploitation réduites suite aux
conséquences des travaux du Grand Paris Express menés à la gare Arcueil-Cachan, selon le groupe

Nul doute que l'action de la nouvelle PDG Catherine Guillouard sera aussi regardée à l'aulne de l'amélioration de la qualité de ces deux transports de masse dont les ratés crispent les usagers.

Rappelons que  les trains du quotidien sont une priorité du président de la République Emmanuel Macron et de sa ministre des Transports… et ex-PDG de la RATP, Elisabeth Borne.

Marc Fressoz
 
RATP Dev : des contrats en attente à l'international
 
En France, le premier semestre 2017 de RATP Dev a notamment été marqué par les renouvellements de
Bourges et d’Ardennes Métropole (pour cinq ans dans les deux cas), et par le démarrage du contrat d’exploitation du réseau de Vannes.

A l’international, au Royaume-Uni, la filiale a remporté quatre lignes de bus à Londres tandis que le contrat d’exploitation du réseau de tramways de Manchester a pris fin.

Aux États-Unis, elle a remporté les contrats pour exploiter les réseaux de
Lake County (Floride) et Tyler (Texas).

Au Maroc, RATP Dev est en discussions exclusives avec l’autorité organisatrice Casa Transports en vue de la signature d’un contrat d’exploitation de douze ans de la ligne du tramway (renouvellement) de
Casablanca et des futures extensions du réseau (quatre lignes supplémentaires et deux lignes de bus à haut niveau de service). La signature du contrat aura lieu le 15 septembre 2017 en présence des officiels.

En Italie, la région Toscane a de nouveau attribué à RATP Dev le contrat de gestion pour l’exploitation de l’ensemble des bus urbains et interurbains de la région, d’une durée de 11 ans, et qui représenterait un chiffre d’affaires de quelque 400 millions d’euros par an. Mais le projet est toujours bloqué par
le recours  du concurrent italien Mobit.“La procédure est actuellement en phase d’examen au niveau du Conseil d’État italien et également, depuis le 30 mai 2017, en lien avec la Cour de justice de l’Union européenne“, souligne la RATP.

Le groupe RATP est mobilisé sur d’autres projets de développement en Italie, notamment sur les deux extensions du tram de Florence, exploité par le groupe depuis 2011, ou encore sur le projet de métro Roma - Lido.

Enfin, la RATP attend prochainement des réponses pour des appels d’offres majeurs au Moyen-Orient : métro de Riyad en Arabie Saoudite, métro de Doha et tramway de Lusail au Qatar.

MF