Joli coup d'accélérateur pour la licorne française BlaBlaCar et mauvaise nouvelle pour un acteur de la mobilité comme le groupe SNCF. Le leader du covoiturage et Google viennent de mettre en place un accord qui devrait booster la fréquentation du premier et favoriser sa mondialisation, déjà bien engagée. Depuis le 22 août 2017, le groupe fondé par Frédéric Mazzella et le géant mondial califonien cheminent ensemble sur l'application Google Maps.

Google, la filiale du mastodonte californien Alphabet, va progressivement intégrer dans son service de planification de trajets les suggestions de covoiturage de l'entreprise française. Les utilisateurs de Google Maps se verront "proposer l'option covoiturage pour se déplacer, aux côtés des autres modes de transport recommandés par le service", et choisir cette option les fera basculer vers l'application BlaBlaCar si elle est installée, a précisé la start-up.

Reste la question à terme : BlaBlaCar, soutenu par divers fonds et qui à l'instar de beaucoup de start-up ne gagne pas d'argent finira-t-elle avalée par l'ogre Google ? Ou cette coopération qui vient de débuter a-t-elle vocation à ne pas aller plus loin ?  

En tout cas, le surcroît de trafic que devrait induire l'intégration de BlaBlaCar au leader des moteurs de recherche va accroître en France la concurrence qui existe entre le covoiturage, la SNCF et les autocars de ligne régulière, BlaBlaCar ayant fixé un prix de référence au kilomètre pour l'usager.

Il s'agit d'une menace pour Voyagesncf.com (VSC) qui a vocation à servir de portail de services intégrant différentes offres de mobillités. Seul obstacle : sa dimension essentiellement française, même si VSC se développe à l'étranger.

Marc Fressoz