Pour le sénateur (PS) du Nord, Michel Delebarre, la meilleure solution est de moderniser la ligne Poitiers-Limoges existante, une ligne en voie unique, pour y faire circuler à vive allure des TER, mais aussi des TGV.

La nouvelle ligne TGV entre Paris et Bordeaux, qui passe dans les environs de Poitiers et est reliée à la ligne classique, sera ensuite empruntée par ces trains. Des rames TGV "pourraient ainsi être en mesure de rejoindre, à terme, la  gare Montparnasse depuis Limoges en un temps approchant 2H30", au lieu de plus de 3H00 actuellement, détaille
ce rapport dévoilé le 27 juillet 2017.

La POLT concernée

Le rapporteur, chargé par le précédent gouvernement d'étudier les solutions pour améliorer la desserte ferroviaire de Limoges, fait toutefois état de travaux en deux temps, avec une première tranche dans le contrat de plan État-région 2020-2025, une seconde dans celui de 2025-2030.
Lors des études réalisées en 2009, le coût total avait été estimé à 750 millions d'euros.

Michel Delebarre recommande également de réaliser des "améliorations soutenues" sur la ligne historique Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, pour laquelle l'État et la SNCF ont déjà engagé 1,5 milliard d'euros.

Un projet de LGV Poitiers-Limoges, longue de 115 kilomètres et qui aurait mis Limoges à 2H03 de Paris, pour 1,65 milliard d'euros, devait voir le jour. Mais la déclaration d'utilité publique de 2015 a été
annulée en avril 2016 par le Conseil d'État, invoquant notamment des "insuffisances" de l'évaluation économique et sociale.

Des alternatives à court terme avancées

En attendant de voir les améliorations sur les lignes ferroviaires, le rapporteur gouvernemental préconise plusieurs alternatives "à plus court terme", afin d'améliorer rapidement les liaisons entre Paris et Limoges. Il juge ainsi nécessaire de maintenir l'obligation de service public sur la liaison aérienne Brive-Orly, et de développer des liaisons Limoges-Roissy afin de "répondre aux attentes du monde socioéconomique pour faciliter les échanges des entreprises régionales avec leurs clients".

L'aménagement de la RN 147 entre Limoges et Poitiers doit être accéléré, selon lui, et le TGV Brive-Lille, "récemment abandonné par défaut de financement de son déficit", pourrait être remis en service.

Un sujet pour les assises de la mobilité

"Au-delà des décisions à prendre sur le long terme pour raccourcir les temps de transport entre Paris et Limoges, c'est le bouquet de ces mesures de court terme qui me semble être la condition pour redonner confiance aux acteurs de l'ancienne région Limousin en l'accessibilité de leur territoire", selon Michel Delebarre.
 
Dans un communiqué, la ministre des Transports Elisabeth Borne a indiqué qu'elle recevra à la rentrée, les élus du territoire, "afin d'évoquer avec eux les pistes présentées dans ce rapport", dans l'optique notamment des Assises de la mobilité, qui seront lancées en septembre 2017.

F.G. (d'après AFP)