Le CDG Express, qui doit relier la Gare de l'Est au terminal 2 de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle en 20 minutes, reste un projet controversé. Dans une lettre ouverte au ministre de la Transition écologique, la "Coordination contre le projet de liaison ferroviaire Charles-de-Gaulle Express" dénonce son impact environnemental, son coût pour les finances publiques et l'absence de concertation.

Selon la Coordination, qui regroupe associations, élus et collectifs d'habitants, il est impossible de "concilier les objectifs de qualité de l'air, de bruit, de consommation d'énergie, et d'émissions de gaz à effet de serre avec ce projet".

"On peut craindre l'augmentation du bruit dans des secteurs déjà surexposés, l'impact foncier du projet (...) et des effets négatifs sur les conditions de transport des passagers du RER B. En outre, le projet, qui prévoit de consommer 25 hectares de terres cultivables, ne présente aucun
inventaire naturaliste et n'aborde que succinctement l'aspect agricole", ajoutent les opposants, demandant un rendez-vous à M. Hulot.

Le CDG Express, "d'un coût estimé à plus d'1,6 milliard d'euros", est "une gabegie pour les finances publiques" et "ne participera aucunement à désenclaver les territoires traversés" puisqu'ils ne seront pas desservis, accusent-ils.

Dénonçant "l'absence d'études alternatives" et un "manque de concertation et d'écoute", la Coordination exprime sa "forte détermination" à s'opposer "juridiquement et sur le terrain" à ce projet "inutile et imposé".

Non au CDG Express aussi en action

Dans un courrier séparé adressé au ministre, l'association "
Non au CDG Express", qui réunit élus, syndicats, collectivités locales et citoyens, estime que l'on se dirige "vers un fiasco financier".

Outre les impacts environnementaux et sonores, l'association dénonce elle aussi des "nuisances majeures sur les transports au quotidien", notamment sur plusieurs lignes du RER, du Transilien et sur le TER Picardie. Et ce, souligne-t-elle, alors que le président Emmanuel Macron vient d'exprimer son intention de donner la priorité aux "transports du quotidien" plutôt qu'à de nouveaux "grands projets".

La
déclaration d'utilité publique a été signée fin mars 2017. La Commission européenne a validé fin juin l'aide que la France entend accorder au projet.

F.G. (d'après AFP)