RATP El Djazaïr, responsable de l’exploitation du métro d’Alger, a confié à Promométro la mission de créer une structure locale en charge de la commercialisation, de la gestion et de l’aménagement de commerces et service dans les stations de la capitale algérienne.
 
La surface commerciale de ce réseau est proche de 1.400 m². Les premiers appels d’offres seront lancés prochainement pour les stations Bachjarah et Bachdjarah Tennis. Dans celle-ci, il a été aménagé une galerie marchande au niveau inférieur qui compte une quinzaine de commerces.

"C’est notre premier développement à l’international et nous souhaitons qu’il y en ait d’autres", indique Gilles Alligner, président directeur général de Promométro. Cette filiale, qui appartient à 100% à la RATP depuis 2005, est dédiée à la valorisation et la commercialisation des espaces du réseau de la régie parisienne.

Des commerces, des commerces encore des commerces…
 
Chaque jour, plus de 100.000 personnes achètent au moins un produit dans les boutiques implantées dans les stations et gares RER du réseau de transport parisien. Ces espaces de transit, dont certains voient défiler jusqu’à 800.000 visiteurs quotidiennement – c’est le cas de la station Châtelet-Les Halles – sont des lieux stratégiques pour les grandes marques et enseignes commerciales.
 
"Il y a un véritable engouement pour ces espaces de transit depuis quatre ou cinq ans, constate Gilles Alligner. Auparavant nous avions des difficultés à convaincre les grandes enseignes de s’implanter dans nos stations et gares, car elles n’avaient pas une bonne image.  Elles ont fini par s'y intéresser au regard de l’importance des flux, mais aussi parce que les espaces ont été rénovés et modernisés".
 
De l’alimentation à la santé
 
Selon une étude Ipsos commandée par Promométro, 75% des voyageurs estiment que l’offre de commerces et de services sur un réseau de transport public améliore l’ambiance dans les gares et les stations. Cela répond également à des besoins visant à optimiser les déplacements.
 
C’est pourquoi au fil du temps, les activités commerciales (restauration et vente à emporter, prêt-à-porter, presse-librairie, maroquinerie, produits d’hygiène, alimentation), et les services de santé se sont développés et diversifiés. "Nous avons été les premiers à ouvrir un laboratoire d’analyses médicales en 2011 à la Défense", souligne Gilles Alligner.
 
Ce lieu névralgique du réseau parisien, voit transiter chaque jour 450.000 passagers. C’est pour cela qu’il est tout particulièrement prisé. Ainsi, dans l’espace Village services, Promométro a implanté un WaterBike et une salle de sport. C’est aussi là que s’ouvrira dans les prochaines semaines un centre de soins dentaires.

La filiale a par ailleurs développé un concept de conciergerie (pressing, repassage, réparation de chaussures...) dans seize stations.

Une source de revenus
 
Aujourd’hui, Promométro gère 30.000m² de surfaces commerciales en France. A Lyon, elle a décroché, en 2009, un contrat avec le Sytral (Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise) pour commercialiser une trentaine de commerces implantés dans le métro. Ce contrat a été renouvelé en 2014. En Île-de-France, elle en gère plus de cinq cents, soit l’équivalent de 25.000 m².
 
"Notre rôle consiste à définir un plan de merchandising pour définir le type d’activité à implanter en fonction de l’emplacement de la station, des flux et des habitudes des consommateurs". Ensuite, Promométro lance un appel d’offres pour sélectionner des candidats qui pourront alors louer un local dans le cadre d’une convention d’occupation précaire du domaine public. "La moyenne des surfaces louées est de 25 m², tandis que la durée moyenne des conventions est de sept ans".
 
Outre la valorisation des espaces de transport, le développement d’activités commerciales dans ces lieux représente une source de revenus pour les opérateurs de transport ou les autorités organisatrices.  En 2016, Promométro a reversé à la RATP 22 millions d’euros de chiffre d’affaires et s’est vu rétrocéder 4,5 millions d’honoraires.
 
Innovations
 
"Notre mission consiste aussi à rester à l’écoute de tout ce qui se passe sur le marché en matière d’innovations pour faire en sorte que ces espaces de transport puissent aussi devenir des laboratoires d’expérimentations en matière de commerces et de services", indique Gilles Alligner.
 
C’est pour cette raison que la filiale a proposé à sa maison mère de réserver des surfaces commerciales à de nouveaux concepts de vente ou de services. "L’idée est de proposer aux start-up de mettre un local à leur disposition pendant six mois ou un an pour faire connaître leur produit." Un tel projet pourrait être mis en œuvre à la rentrée prochaine.
 
Promométro met également l’accent sur la digitalisation qui bouleverse les habitudes de consommation. "Cette dimension est désormais importante dans nos dossiers de candidatures. Nous incitons les commerçants et les enseignes à digitaliser leur offre et les accompagnons dans cette mutation."
 
Christine Cabiron