Comment les nouvelles technologies impactent-elles la mobilité des Français ? C'était le thème d'une rencontre avec la presse organisée par l'opérateur de téléphonie mobile Orange, le 28 avril 2011.
Surprise : si un tiers des personnes interrogées par l'institut de sondage Sofres pour le compte de Chronos (cabinet d'étude sociologique sur les mobilités) préparent leurs déplacements depuis leurs ordinateurs fixes, seulement 2% le font depuis leurs smartphones, et 1% consultent ces applications pendant leur temps de transport.

Pas d'information numérique "sans couture"

"L'accès à l'information numérique sans couture (intermodale ndlr) est pratiquement inexistante, indique Bruno Marzloff, directeur de Chronos. Les applications restent très cloisonnées d'un opérateur de transport à l'autre, il n'existe rien entre la SNCF et Velib' par exemple", poursuit le sociologue. En revanche, l'application itiview procure des informations numériques intermodales entre la SNCF et des réseaux d'autobus urbains (lire l'encadré ci-dessous).

Selon le sondage TNS Sofres-Chronos, 61% des personnes interrogées accordent toutefois "un crédit d'avenir" au support d'information sur les smartphones. "Ceci n'est que du déclaratif", modère Bruno Marzloff.
"Il reste beaucoup de progrès à faire car les opérateurs doivent sortir des aires où ils sont très pertinents pour articuler l'ensemble des modes de transport, offrir une continuité d'information, même s'il s'agit d'inclure la voiture dans la chaîne des déplacements. Y compris le covoiturage et ou l'autopartage dont l'usage progresse : 12% des personnes interrogées déclarent l'avoir expérimenté. Alors, les services sur téléphones mobiles seront plus utilisés", estime-t-il


Transports collectifs : "une perte de temps"

"Les transports collectifs sont encore bridés, 36% des individus les associent à une perte de temps du fait de l'intermodalité. La voiture domine encore dans plus de 80% des déplacements, contre 12% pour les transports en commun, avec de fortes disparités selon la taille des villes où ils habitent (41% des Parisiens ont une voiture contre 88% dans les agglomérations de plus 100 000 habitants, par exemple), mais avec l'augmentation du prix des carburants, les pratiques des usagers changent, observe le sociologue. 25% des individus interrogés déclarent avoir déjà réduit ou renoncé à l'usage de la voiture.

N.A


Sondage réalisé en mars 2011 auprès de 7 000 personnes.