Sur les 7,8 milliards d'euros déboursés pour construire cette ligne, 1,3 milliard provient des collectivités locales. Elles étaient 58 au départ, mais 33 seulement ont effectivement signé la convention de financement, et doivent donc contribuer.

Des collectivités condamnnées

En octobre 2014, la Cour des comptes avait d'ailleurs critiqué "la complexité d'un montage financier comprenant autant de participants". Et les bisbilles ont commencé lorsque les contreparties qu'elles attendaient de cette participation financière semblaient s'éloigner.

Résultat, le gestionnaire d'infrastructure SNCF Réseau court toujours après 350 millions d'euros. Dix collectivités ont été condamnées le 26 mai par le tribunal administratif de Paris à verser 110 millions d'euros. Elles ont deux mois pour faire appel.

Un versement sous conditions

SNCF Réseau a entamé des négociations avec les collectivités concernées pour tenter de récupérer les 240 millions restants. Mais parmi elles, certaines avaient pris soin de soumettre la totalité de leur participation au prolongement de la ligne vers le sud.

En effet, au nord de Bordeaux, les élus réclamaient des arrêts des TGV dans leurs gares et des fréquences plus élevées face à la SNCF qui privilégiait les trains directs. Les premiers savent à quoi s'en tenir depuis avril 2016, lorsque la SNCF a annoncé le nombre de dessertes quotidiennes de la future ligne.

Une DUP mise à mal

Mais au sud, on attend de pied ferme le prolongement de la LGV vers Toulouse et Dax, déclaré "d'utilité publique et urgent" en juin 2016. Le tribunal administratif de Bordeaux a toutefois
annulé la déclaration d'utilité publique (DUP) d'un tronçon de la future ligne Bordeaux-Toulouse, entre Bordeaux et Saint-Médard-d'Eyrans, à une quinzaine de kilomètres plus au sud, ce qui pourrait mettre en péril cette partie du projet.

Le coût de l'ensemble du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) est estimé à 8,3 milliards d'euros.

AFP

 
L'Union européenne en soutien... jusqu'à Dax

L’ambition de l’UE est de créer un réseau transeuropéen de transport facilitant la mobilité des personnes et des biens, et permettant aux modes de transports les plus durables – particulièrement le rail – d’être plus compétitifs.

Dans ce contexte, la LGV entre Paris, Bordeaux et l’Espagne a été reconnu d’importance prioritaire par l’Union européenne car elle permet non seulement de relier deux des plus grandes métropoles françaises, mais aussi de connecter l’Europe du Nord-Ouest avec la péninsule ibérique. Le tronçon Tours-Bordeaux était l’un des maillons manquants de ce "corridor Atlantique".

La construction de la LGV Tours-Bordeaux a été soutenue par la Banque européenne d’investissement (BEI) avec un financement de 1,2 milliard d’euros, et par les fonds européens RTE-T (2007-2013) et le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) (2014-2020) à hauteur d’environ 50 millions d’euros.

La nouvelle ligne à grande vitesse Bordeaux-Dax bénéficie aussi d’une subvention de 52 millions d’euros au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) (cofinancement de 50%), pour des études techniques sur certaines sections.

Quant à la ligne Le Mans-Rennes, elle a obtenu un soutien des fonds européens RTE-T (2007-2013) à hauteur d’environ 11 millions d’euros.

F.G.