"On n'a qu'une seule stratégie, c'est de baisser nos coûts pour pouvoir baisser les prix", a déclaré Guillaume Pepy sur RTL, à trois jours de l'inauguration des nouvelles lignes à grande vitesse vers Rennes et Bordeaux.

Sur les lignes TGV en général, "les prix n'augmentent plus depuis deux ou trois ans (...). Il y avait l'augmentation annuelle des prix, on en parlait au moment de Noël ou du 1er janvier, ça fait juste trois ans que ça a disparu et ça ne reviendra pas", a assuré le président de la SNCF, confirmant qu'"il n'y aura plus d'augmentation des prix" chaque année comme par le passé.
 
Le précédent exécutif avait déjà annoncé, en décembre 2016,
un gel tarifaire. Le ministère des Transports avait alors fait savoir via l'AFP que les tarifs n'augmenteraient pas au 1er janvier 2017, pour forcer le SNCF à réduire ses coûts d'exploitation. Ce qui n'est pas gagné si l'on en croit l'association d'usagers, la Fnaut, qui s'inquiète de la politique tarifaire de la SNCF :  "Ces offres petits prix ne pourront être pérennisées que si la baisse des coûts de production est maîtrisée et étendue."
 
L'exception des nouvelles LGV

Néanmoins, ce gel des tarifs ne concerne pas les deux nouvelles LGV (
Le Mans-Rennes et Tours-Bordeaux) qui ouvrent le 2 juillet 2017 dont les billets sont en vente depuis le mois de mars : la hausse est de 6 euros en moyenne vers la Bretagne et 10 euros vers le sud-ouest à partir de dimanche.

"On a fait le choix d'essayer de gagner beaucoup de nouveaux clients pour justement limiter l'augmentation des prix", a expliqué Guillaume Pepy, indiquant que la SNCF avait enregistré "un million de réservations" vers Rennes et Bordeaux pour l'été, soit "40% de plus que d'habitude".

La compagnie ferroviaire prévoit néanmoins de perdre 90 millions d'euros au second semestre sur la seule ligne Paris-Bordeaux, construite et exploitée dans le cadre d'un partenariat public-privé avec le consortium Lisea, conduit par le groupe Vinci.

Les péages versés à Lisea et à SNCF Réseau "sont très, très, très élevés, et ils nous mettent hélas en déficit sur Paris-Bordeaux", a déploré le patron de la SNCF, ajoutant que l'équilibre financier de la ligne n'est "pas pour aujourd'hui".

La situation n'est pas exceptionnelle : deux tiers des dessertes ferroviaires perdent de l'argent, comme Lille-Lyon, Paris-Metz-Luxembourg, Strasbourg-Nantes, Paris-Reims ou Paris-Côte d'Azur, entre autres.

F.G. (avec AFP)