Le bilan est positif pour l’expérimentation de chiens renifleurs lancée par la RATP du 1er décembre 2016 au 31 mai 2017. Ce dispositif, déployé dans neuf gares positionnées sur le tronçon central du RER A et dans trente-deux stations de métro, vise à détecter des explosifs présents dans des colis ou bagages suspects.
 
Un phénomène lourd de conséquences puisque chaque cas occasionne de fortes perturbations pendant en moyenne 40 minutes.
 
En six mois, les interventions des deux équipes (composées chacune d’un chien et d’un maître-chien) ont contribué à diviser par trois le taux d’interruption de service, réduisant à 31 minutes les arrêts de service, contre 45 minutes pour le reste du réseau.
 
Aucun explosif détecté en six mois
 
Concrètement, l’intervention des chiens renifleurs (majoritairement des Labrador et des Malinois) a permis de "lever le doute" dans 99 cas et aucun explosif n’a été détecté lors de ces opérations de contrôles.
 
Chaque jour, sept colis suspects sont en moyenne signalés à la RATP par des voyageurs ou des agents de la Régie parisienne. Ces signalements, en hausse de 60% sur les six premiers mois de 2016, ont représenté 379 heures d’interruption de trafic (tous réseaux confondus), dont 30% dans le RER A.
 
Cette augmentation est liée aux attentats qui ont frappé Paris, ainsi qu’aux différents messages de la RATP appelant les voyageurs à une plus grande vigilance.
 
Les chiens puis les démineurs
 
Le recours à des chiens renifleurs présente l’intérêt d’une grande rapidité. En effet, lorsqu’un colis suspect est signalé, une équipe cynotechnique est dépêchée sur place. "Les chiens démineurs sont très rapides pour lever le doute. S’il s’agit d’un colis abandonné ne présentant aucun risque, le trafic peut être rétabli rapidement. Le colis en question redevient alors un objet trouvé standard", précise la RATP.
 
Par contre, si le chien marque l’arrêt, il est aussitôt écarté et la procédure de sécurisation est enclenchée. Celle-ci consiste à créer un périmètre de sécurité et de faire appel à une équipe de déminage. Parallèlement, la station est évacuée et les trains ne s’y arrêtent plus.
 
Un troisième équipage déployé
 
Face aux bons résultats enregistrés lors de cette première phase, la RATP a décidé de prolonger cette expérimentation et d’amplifier le champ d’intervention des équipages cynotechniques.
 
Dans ce cadre-là, une troisième équipe viendra en renfort des deux premières, ce qui permettra d’étendre le périmètre couvert par les maîtres-chiens. Pour l’instant, la RATP ne souhaite pas communiquer la zone nouvelle géographique qui sera surveillée.

Christine Cabiron

 
Les chiens renifleurs ont la cote

Selon une étude réalisée par Ipsos en mai 2017 auprès de 600 voyageurs, cette expérimentation est appréciée du public :
- 96% des voyageurs estiment que "l’opération va dans le bon sens, que ce soit pour la régularité du trafic ou le confort psychologique des voyageurs" ;
- 96% estiment qu’à travers ce dispositif "la RATP agit pour plus de sécurité" ;
- 75% trouvent ces équipes "rassurantes".