Au jeu des conjectures, son nom était cité parmi les éventuels futurs PDG de la RATP. Finalement, Florence Parly, 54 ans, entrée à la SNCF en 2014, est retournée dans un gouvernement le 21 juin 2017.

Succédant à l'élue Modem Sylvie Goulard, elle est la nouvelle ministre des Armées. Cette énarque avait été jeune secrétaire d'Etat au budget dans le gouvernement Jospin entre 2000 et 2002.
 
Un cadre en moins

La nomination de Florence Parly est l'une des grandes surprises du remaniement post législatives décidé par le président de la République et son Premier ministre.

L'exécutif prive donc par ricochet SNCF Mobilités de la directrice générale de SNCF Voyageurs et contraint son PDG Guillaume Pepy à devoir préparer un remaniement de la gouvernance de l'EPIC. L'Élysée et Matignon écartent aussi une dirigeante vue par certains comme une dauphine de Guillaume Pepy, qui aurait pu prendre sa place le moment venu. Reste que depuis son arivée, elle n'avait pas démontré de capacité de management et d'entrainement exceptionnel des équipes. 

Qui va prendre la place ?
 
Qui succédera à l'énarque Florence Parly ? Après être entrée en 2014 comme directrice de la stratégie et des finances, elle avait remplacé, en mars 2016, Barbara Dalibard pour diriger la branche SNCF Voyageurs. Durant cette période, elle a notamment mené avec l'État et certaines Régions la réforme du fonctionnement des TET et supervisé la refonte de l'offre TGV (Ouigo, etc.) mise en musique par la directrice générale de Voyages SNCF Rachel Picard, à ce poste depuis 2014.

Le patron de la SNCF peut promouvoir d'autres dirigeants de l'EPIC ou recruter à l'extérieur, mais ce processus a l'inconvénient de la longueur. Seule certitude, la branche SNCF Voyageurs est le cœur du réacteur de Mobilités : outre Voyagesncf.com et les nouvelles mobilités (Ouibus, etc.), elle concentre toutes les activités ferroviaires qui d'ici à 2024 sont destinées à être progressivement soumises à concurrence.
 
Une solution naturelle consisterait pour Guillaume Pepy à promouvoir Rachel Picard. Cette HEC a le vent en poupe, car depuis fin 2016, l'entreprise enregistre un regain de fréquentation dans la plupart de ses trains, des TET aux TER, en passant évidemment par le TGV, sa vache à lait.
 
Une politique commerciale agressive
 
Même si une meilleure conjoncture économique compte, la refonte de la politique commerciale est pour beaucoup. Outre une segmentation plus prononcée des offres, cette refonte s'accompagne aussi d'une politique tarifaire parfois très agressive. Les promotions monstres – pour ne pas dire le bradage – des cartes d'abonnements dernièrement permettent d'atténuer la hausse sensible des tarifs des TGV qui circuleront à partir de début juillet sur les deux nouvelles LGV.

En tout cas, la politique réserve des clins d'œil étonnants. Alors que la question des transports a été la grande absente des thèmes de la campagne électorale, le gouvernement compte aujourd'hui – et c'est du jamais vu – deux membres issus directement de la direction de deux grandes entreprises publiques du secteur : Florence Parly (ex-DG à la SNCF) comme ministre des Armées et Elisabeth Borne (ex-PDG de la RATP) comme ministre des Transports.

Marc Fressoz